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Flâneries / Au fil de l'eau Eliane Reyes au palais du Tau

Publié le mercredi 21 juillet 2010 à 11H00 - Vu 51 fois



Dernier concert classique avant la clôture des Flâneries, le récital d'Eliane Reyes a rassemblé un public nombreux dans le palais du Tau, où la pianiste a interprété différentes pièces de compositeurs romantiques et contemporains évoquant l'univers aquatique.
La « Barcarolle » de Chopin, imitant le chant de gondoliers vénitiens par un balancement ternaire typique, fut la première pièce illustrant ces eaux paisibles. S'ensuivit l'adaptation par Liszt du lied de Schubert « Auf dem Wasser zu singen » (« à chanter sur l'eau »). Cette pièce semblait prolonger l'ambiance de la précédente par sa mélancolie.
Serait-ce la progression dramatique et la tension musicale croissante du thème inlassablement répété et amplifié qui ont poussé l'artiste à accélérer le tempo au cours de l'œuvre ? Ce choix d'interprétation un peu haletant n'a cependant pas diminué la dimension agréable de la pièce.
La création française de la pièce de Nicolas Bacri, « Sonatina Classica », occupait une place centrale dans ce concert.
Dans une brève présentation, le compositeur à signalé avec humour que cette œuvre était « plus facile d'écoute » que les autres du programme. Par ce pastiche, Nicolas Bacri a dit rendre hommage aux sources musicales de ce qu'il considère comme son style.
Toujours d'après les mots du compositeur, cette sonate en miniature est composée de trois pièces souriantes illustrant respectivement Mozart revisité par Chostakovitch, une gavotte dans le style de Prokofiev et un troisième mouvement rappelant l'univers de Ravel. Ces pièces furent remarquablement interprétées par la pianiste.
Les deux dernières pièces de ce concert étaient encore dédiées à l'élément aquatique. Dans les « Jeux d'Eaux » de Ravel, la dimension ludique ainsi que le caractère miroitant évoqués par ce vers d'Henri de Régnier : « Dieu fluvial, riant de l'eau qui le chatouille » ont été très bien rendus par la pianiste. Une autre pièce, « l'Isle Joyeuse » de Debussy, n'était pas moins évocatrice et chimérique…
Après avoir remercié le public d'être demeuré dans la salle en dépit de la chaleur, Eliane Reyes proposa en bis une autre pièce de Chopin, le second Nocturne op.9, pour le plus grand plaisir des auditeurs.
Cécilia BAZILE

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