Publié le jeudi 08 décembre 2011 à 09H08 - Vu 484 fois
Le laser élaboré par le laboratoire de l'Urca et installé au sein de la sonde russe (notre photo) devait servir à étudier Phobos, satellite de Mars.
REIMS (Marne). Le laser conçu par le laboratoire rémois de l'Urca pour étudier un satellite de Mars n'atteindra jamais sa destination. Il représente dix ans de travail.
L'histoire se passe en ce moment au-dessus de nos têtes, à quelque 250 km de la surface de la terre ; là, un petit morceau de l'Urca (Université de Reims Champagne-Ardenne) navigue dans l'espace. Ce lointain voyageur se présente sous la forme d'un laser, conçu par un des laboratoires de notre université, le Groupe de spectrométrie moléculaire et atmosphérique (GSMA) que dirige le professeur Durry, une unité de recherche associée au CNRS. Ce laser a pour destination Mars, ou plus précisément Phobos, un satellite de Mars. Il a pour mission d'étudier la composition de la surface de ce gros caillou pour en comprendre l'origine, ce qui pourrait notamment contribuer à expliquer la formation de la planète rouge elle-même, voire à renseigner sur la formation du système solaire. Tout ceci dans le cadre de la mission spatiale russe « Phobos-Grunt ». Mais peut-être faut-il plutôt dire « avait pour destination ». Car il y a un os…
On a perdu le contact
La mission « Phobos Grunt », en effet, ne se déroule pas aussi bien que l'Objectif lune de Tintin ; la fusée russe Fregat, lancée de Baïkonour le 8 novembre dernier, et à bord de laquelle se trouve embarqué notre laser, est en perdition. « On a bien réussi à la mettre en orbite autour de la Terre, ce qui était la première étape du voyage, explique en substance le patron du labo, mais on n'a pas réussi à lui donner ensuite l'impulsion pour partir vers Mars, car on avait perdu le contact. »
Du coup, telle un cycliste sur un vélodrome, la fusée tourne en ce moment en boucle autour de notre planète. Aux dernières nouvelles, l'ESA (l'agence spatiale européenne) a réussi, il y a une dizaine de jours, à établir un contact avec la sonde à partir d'une de ses antennes en Australie, idem un peu plus tard pour les équipes russes depuis Baïkonour. Malheureusement, les tentatives pour envoyer de nouveaux ordres à l'appareil (repositionnement, allumage du second étage des moteurs pour l'impulsion vers Mars) ont été vaines.
Depuis quelques jours, la sonde est même totalement muette. Selon le Pr Durry, « l'issue est maintenant inévitable, c'est-à-dire une désintégration de la sonde dans les hautes couches de l'atmosphère, probablement courant janvier. » Pour mieux connaître Phobos, il faudra repasser.
Antoine PARDESSUS
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