Publié le mercredi 09 mars 2011 à 08H42 - Vu 125 fois
Une exposition esthétique et poétique d'un symbole du savoir et du rêve.
Mettre l'accent sur le livre comme objet, en perturber le sens et lui ouvrir d'autres horizons : sept artistes exposent leurs créations à l'IUFM et à la bibliothèque Robert-de-Sorbon.
BANALISÉ sur les gondoles des supermarchés, gadget de grande consommation, voire dématérialisé avec le numérique, le livre perd le monopole de la transmission des savoirs. Mais pour certains artistes, qui en renouvellent les formes, les matières, le contenu, il devient un champ d'investigations, un support de créations esthétiques et artistiques.
« Dans l'édition du livre « normal », le livre est fait pour rendre service au lecteur, on s'attache surtout à la lisibilité du texte. Ici, les artistes vont brouiller ces chemins, faire obstacle à cette lisibilité, jouer avec l'objet pour empêcher -volontairement- le lecteur d'entrer directement dans l'histoire », explique Marie-Christine Bourven. Graveur, créatrice elle aussi de « livres d'artiste », présidente de « Recto-Verso », elle présente le troisième volet de « Livres en aparté ».
Sous forme de deux expositions dans deux lieux distincts, « Le livre et son objet » a été monté en partenariat avec l'IUFM, l'Urca, la bibliothèque universitaire Robert-de -Sorbon et avec le soutien du Suac. Les artistes s'approprient le livre comme un objet total, un processus artistique, voire un objet sociologique.
Objet plastique et intellectuel
Avec Hervé Thibon, responsable de l'action culturelle à l'IUFM, elle installe les créations des artistes invités. L'un des « livres » présente une couverture de métal rouillé et un dos en bois : « Ce qui est intéressant, c'est le rapport entre la transparence des feuillets de rhodoïd et l'opacité des autres matériaux ».
Fait d'ardoise, fer, pierre, comme dans les sculptures protéiformes de Marc Vernier, le « livre » parfois devient galet fossile cassé en deux parties, dont les brisures centrales supportent une poésie, trépied et lames métalliques ou morceaux de bois traités au bitume réunis par aimantation, avec Double-Je.
Mais l'humour n'est pas absent : Coco Téxèdre travaille sur l'aspect féminin et en détourne les stéréotypes. Des pages, reliées par des… aiguilles à tricoter, sont découpées en franges. Le tout est inséré dans un boîtage recouvert de dentelle, fermé par… une jarretelle noire. Un monde de non-dits, de révoltes, subtilement mêlés à l'ironie, un langage de mots déclinés jusqu'à l'obsession « migraine… migraine… migraine… ».
Trouvant tout naturellement sa place dans des lieux dédiés au savoir et à la formation, l'exposition intéressera tous les lecteurs et amateurs d'art.
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