Publié le jeudi 17 mai 2012 à 10H17 - Vu 133 fois
CUMIERES (Marne). Si posséder une vieille Ford peut présenter un réel coût à l'achat, son entretien, lui, reste abordable grâce à Internet. Une dizaine de modèles seront visibles ce vendredi en marche sur l'avenue de Champagne puis à l'arrêt à Cumières.
QUEL lien peut-il exister entre Jean de la Fontaine, mort en 1695 et la célèbre Ford A dont on a fêté les 80 ans en 2009 ? Sauf faire preuve d'anachronisme, aucun me direz-vous. Le Club Obsolète Ford France n'a pas hésité à franchir le pas, ou plus précisément à se jeter à l'eau ; ses membres, tous des passionnés de la célèbre marque américaine décidant de se lancer sur les pas du fabuliste. Car on ne le sait pas forcément, si les œuvres de Jean de la Fontaine ne sont plus à présenter, l'homme a également eu la charge de Maître des eaux et en forêt en 1652.
Un véritable mythe
Denis Vallot, secrétaire du COFF réside à Château-Thierry, ville natale de Jean de la Fontaine : « Du 17 au 20 mai, nous organisons un rallye qui suivra le parcours du fabuliste de la vallée de la Marne à la vallée du Morin ». Le but de ce périple annuel : découvrir le patrimoine par un mode de locomotion adapté, des véhicules anciens en l'occurrence la célèbre Ford A. Créé en 1977, le COFF rassemble bon nombre de passionnés et propriétaires de Ford des années trente. « La Ford représente un véritable mythe », clame Denis Vallot, lui-même propriétaire de deux modèles. Une passion que l'on devine pas vraiment abordable. « Faux ! », s'insurge immédiatement le passionné. « Pas vraiment… », reprend-il. « Selon le modèle, il faut compter entre 18 000 à 20 000 à l'achat, c'est vrai. En revanche, son entretien est de moins en moins ruineux grâce notamment à Internet. »
Impossible avec une marque française
Jusque dans les années cinquante et soixante, les propriétaires de vieux modèles devaient se contenter de récupérer des informations sur les pièces et accessoires via des catalogues et faire appel au système D. « A l'époque, il s'agissait de récupérer des pièces déjà existantes. » Depuis tout a considérablement évolué et les propriétaires se sont organisés. « Aux Etats-Unis, ils ont bien compris l'attrait suscité par la célèbre marque. Du coup, les pièces continuent d'être fabriquées même si la production de la Ford A ou la Ford T a été stoppée depuis des lustres. » Denis Vallot est catégorique : « Avec une marque française, on serait coincé… » Pour faire vivre un tel patrimoine, les pièces seules ne suffisent pas, d'où la constitution de clubs tels que le COFF. « Il faut avoir des notions de mécanique même s'il n'est pas besoin d'être un mécano hors pair. » Un moteur de 3 300 cm3, une consommation de 20 litres au 100 pour un véhicule de 19 à 20 cv : la Ford doit être réglée au détail près. « De mon côté, j'ai acquis de nombreuses connaissances auprès de passionnés mais je continue tout de même à faire faire ma vidange chez un garagiste, par exemple, ne serait-ce que pour le respect de l'environnement. » Intarissable sur le sujet, Denis Vallot espère bien poursuivre la discussion avec d'autres passionnés ou simplement des amateurs de belles cylindrés au cours de ce week-end. Jean de la Fontaine ne disait-il pas : « C'est à l'œuvre qu'on reconnaît l'artisan » ?
Corinne LANGE
Les Ford seront présentes aujourd'hui à 17 heures à Bergères-sous-Montmirail et demain vendredi, après un passage sur l'avenue de Champagne prévu aux alentours de 9 h 15, elles seront à 15 heures à l'embarcadère Champagne-vallée de Cumières.
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