Publié le dimanche 27 septembre 2009 - Vu 179 fois
Ramuntcho Matta veut « accueillir des activités artistiques et de bien-être » à Epaux-Bézu.
Frederique P¿tr¿
ILS n'y croyaient plus. La bâtisse appelée « château » était selon les élus d'Epaux vouée à disparaître. Les intempéries n'ayant pas ménagé le bâtiment (un arbre, un jour de tempête, a éventré la toiture). Sans compter, l'œuvre des hommes qui se sont succédé à son chevet. Le dernier en date ayant eu l'idée loufoque de le transformer en salle de réception et logements avec des matériaux de récupération, plus hétéroclites les uns que les autres. Bref, on l'a vu, c'est un désastre. Le dernier acquéreur, Ramuntcho Matta, un artiste français, a tout de même craqué pour le site : « C'est un endroit magique », s'extasie celui qui veut aménager le tout en « un vaste laboratoire destiné à accueillir des activités artistiques, culturelles et de bien-être, nationales et internationales ».
L'association « Lizières »
Ramuntcho Matta a acheté 400 000 € le domaine (3 000 ha) en août 2008. Juste avant la crise financière. « J'avais un investisseur, il m'a lâché mais j'ai décidé de continuer. Une banque m'a octroyé un prêt - je dois être le dernier à en avoir obtenu un à ce moment-là - et j'ai créé une association, « Lizières », réunissant tous ceux qui veulent m'aider dans ce projet. » L'artiste a aussi sollicité la Région, l'Ademe, la Drac, qui n'ont pas encore répondu.
L'homme a mis du temps à trouver pareil havre de paix. « J'avais une piste au Chili mais, vivant en France, cela aurait été compliqué. Le château d'Epaux, je l'ai découvert grâce à un ami qui habite près de Château-Thierry. »
À la première visite, ce fut le coup de foudre. Tout de suite, Ramuntcho Matta y a vu « un endroit où l'on pouvait reprendre le goût de vivre au contact de diverses activités ».
Peu de temps après son acquisition, l'artiste engage des travaux de consolidation et de sécurisation du site.
Les élus séduits
Dans la foulée, il en profite pour « retirer toutes les horreurs des prédécesseurs » (sanitaires bling-bling, fenêtres en métal, faux plafond…).
Rénové, le pigeonnier deviendra un lieu d'hébergement pour les artistes. Au rez-de-chaussée, place aux expositions. Dans le bâtiment qui est en face, 12 chambres seront aménagées en structure bois.
Une partie du château sera habitée par son propriétaire, les autres pièces seront dévolues à des expos, des stages de remise en forme. « Ce concept n'existe nulle part ailleurs dans le monde », souffle l'artiste qui prévoit une inauguration des lieux au printemps 2011. En mairie, le projet semble « très sérieux, le permis de construire respecte bien le style du château ».
Le maire, Etienne Haÿ, ajoute : « Le patrimoine local va revivre d'une manière intéressante et ça va créer des emplois ». La municipalité n'a mis aucun euro dans l'affaire. Les chemins de randonnées du bourg - une vingtaine de kilomètres - ont quand même été débroussaillés. Histoire de montrer aux futurs pensionnaires du château qu'il fait bon vivre à Epaux.
Frédérique PETRE
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