Enchères / Guy Archambault vibre pour la faïence

Enchères / Guy Archambault vibre pour la faïence

Publié le vendredi 25 mai 2012 à 09H11 - Vu 212 fois

VITRY-LE-FRANçOIS (Marne). Des céramiques seront vendues demain aux enchères. L'occasion pour les passionnés de découvrir le catalogue que vient de publier le commissaire-priseur Guy Archambault sur les faïences de l'Est.

À l'image d'Obélix, le commissaire-priseur Guy Archambault est tombé dans la « marmite » des faïences de l'Est lorsqu'il était petit.
« J'ai grandi dans une famille de collectionneurs, raconte-t-il, les yeux pétillant de bonheur. Ma grand-mère était passionnée par les faïences de l'Est. Mon père aussi. Elle exposait toutes ces acquisitions dans la salle à manger. Chaque fois que j'allais la voir, je les admirais… »

Une collection de pièces… cassées

Le petit Guy a 9 ans à peine lorsqu'il achète aux enchères sa première faïence : une assiette des Islettes ornée d'un coq. « Je l'ai payé 200 francs, ce qui représentait à l'époque une somme importante pour moi », se souvient-il.
Cinquante-six ans plus tard, Guy Archambault possède environ 150 pièces en faïence… cassées. C'est la particularité de sa collection.
« Je peux ainsi voir la structure et la couleur de la terre, ainsi que la façon dont le décor a été réalisé, explique-t-il. Lorsque je trouve une pièce de qualité et que je ne sais pas ce que c'est, eh bien, je l'achète ».
Il aime la variété des décors représentés et la beauté des couleurs. Sa période préférée : Dupré (XIXe siècle), « la plus belle période des Islettes » selon lui.
Une passion qui a conduit Guy Archambault à organiser des ventes aux enchères de faïences quatre fois par an. En France, ils ne sont que quatre commissaires-priseurs spécialisés dans ce domaine. Son savoir, Guy Archambault a voulu le faire partager. C'est ainsi qu'est née l'idée de publier un catalogue sur les faïences populaires de l'Est.
Durant quatre ans, le Vitryat a rencontré les collectionneurs privés - une trentaine au total - essentiellement dans le Nord et l'Est de la France. Il s'est associé avec Raymond d'Abreu, un fin collectionneur rémois.
 

Une vente à 12 000 euros

Pas moins de 650 pièces ont été répertoriées, notamment de la fabrique dite des Islettes qui se trouvait en Champagne-Ardenne, au lieu-dit le « Bois d'Épense ». « Celles qui paraissaient suspectes ont été éliminées », précise-t-il. Assiettes, soupières, tasses, pichets, petits pots à crème, bénitiers, plats, bouquetières… ont été photographiées, datées, analysées et décrites. « Environ un tiers de ces faïences sont passées entre mes mains », estime le commissaire-priseur.
Sa plus belle vente ? « Une soupière des Islettes rarissime, ornée d'un chat et d'un oiseau sur un côté, d'un portrait sur l'autre, et d'un lapin sur le couvercle, répond de suite Guy Archambault. Je ne connais pas d'autres exemplaires. Je l'ai vendue à environ 12 000 euros. À l'instar des œuvres d'art ou des bijoux, les enchères à cinq chiffres sont exceptionnelles pour les faïences ! »
Cette pièce rare est bien entendu recensée dans le catalogue.
À 65 ans, le commissaire-priseur vitryat espère que son ouvrage « Faïences populaires de l'Est, Champagne-Ardenne et Lorraine. Trésors de collections privées », « fera référence » dans le milieu. Une soixantaine d'exemplaires, sur les 2 000 édités, ont d'ores et déjà été vendus.
Stéphanie GRUSS

L'union l'Ardennais