Publié le dimanche 05 février 2012 à 12H00 - Vu 70 fois
Vingt ans après sa dissolution, Elmer Food Beat sort un album Best of et reprend la route des scènes avec son uniforme : slip kangourou et épuisette.
SCèNE. Des milliers de spectateurs en délire et un chanteur en slip kangourou plaquant des accords sur une épuisette, ça vous rappelle quelque chose ? Elmer Food Beat est de retour avec un album Best of. Comme il y a 26 ans, les Nantais font la tournée des petites salles et des boîtes de nuit dont une à Epernay le 11 février. Rencontre avec le chanteur reconnaissable à sa fameuse casquette blanche : Manou Ramirez.
Elmer Food Beat s'est arrêté en 1993 et a commencé à reprendre du service en 2006. Que s'est-il passé entre les deux ?
On a fait des trucs, on a eu une vie normale. Certains ont continué à faire de la musique. On avait femme et enfants. On aurait pu continuer à mener les deux de front si le succès et la gloire continuaient mais le groupe s'épuisait.
Qu'est-ce qui vous a manqué : la scène, les cris des filles ?
Ça ne nous manquait pas spécialement une fois qu'on avait tourné la page. On ne cherchait pas spécialement à refaire de la musique. En fait, on remettait ça de façon épisodique et c'est là que ça s'est mis à nous manquer. On n'aurait jamais repris, ça ne nous aurait pas manqué…
Vous avez marqué la fin des années 80, ça donne quoi Elmer Food Beat version 2012 ?
Le même esprit qu'à nos débuts ! On fait ça pour s'amuser et se faire plaisir. Tant qu'on s'amuse, le public prend du plaisir. D'ailleurs c'est notre slogan : « Heureux sur scène ». Le jour où on change d'état d'esprit, on arrête. C'est un peu pour ça qu'on a arrêté…. Après, bien sûr, le contexte a changé. On commence à le constater mais on voit aussi que le public est le même : s'amuser, c'est indémodable !
La gaudriole et la rigolade
A l'époque de « Daniela », vous disiez que vous écriviez vos chansons à l'arrache. C'est toujours le cas aujourd'hui ?
C'est vrai qu'au début on écrivait à l'arrache mais ensuite ça s'est structuré. Aujourd'hui, c'est Twistos et Grand Laurent qui écrivent et composent et les chansons ne sont plus tout à fait premier degré.
L'album qui sort est un best of intitulé « Merci les filles ». Merci pour quoi au juste ?
Mais parce qu'on vous doit tout ! Sans vous, on ne sert à rien. C'est vous qui nous inspirez autant de poésie, de délicatesse et de romantisme dans nos petits cœurs. Ça reprend un truc qu'on fait sur scène : à peu près tous les trois morceaux, je dis « merci les filles ».
Justement, avec les chansons et l'épuisette, vous en avez pêché beaucoup, des filles ?
Faut pas se plaindre ! Y avait les chansons, l'épuisette mais surtout le charme et l'élégance…
En 2012, à part peut-être quelques cheveux en moins et quelques kilos en plus, qu'est-ce qui a changé chez Elmer Food Beat ?
A part les cheveux, rien ! Si, on a un nouveau guitariste. Kelu, qui avait écrit « Le plastique », n'avait pas envie de revenir. Les tournées, c'était pas son délire mais il nous écrit des chansons. C'est Grand Laurent, un copain qu'on connaît depuis toujours, qui le remplace. Il vient plus du milieu hard rock. Ça change un peu le son sur scène, ça donne une énergie un peu plus dure.
Vous n'êtes pas un groupe « engagé » plutôt des amateurs de provoc paillarde. Est-ce qu'il y a des sujets qui vous énervent et dont vous avez envie de parler dans vos chansons ?
Ce n'est pas notre propos. Nous, notre truc c'est la gaudriole, la rigolade, la chanson paillarde avec une touche de rock'n'roll. Croire que, parce qu'on a une tribune, on peut s'exprimer sur des sujets graves, ce serait déplacé. Là, on deviendrait vulgaires. Nous, on est des bouffons. Il y a eu des artistes engagés, aujourd'hui il n'y en a plus. Ceux qui se permettent de le faire en deviennent pathétiques. Je trouve ça affligeant.
Après le Best of qui sort en mars et comprendra 14 titres dont des inédits, des remix et des live, vous prévoyez un nouvel album. A quoi on peut s'attendre ?
On ne le sait pas encore ! On en est au tout début. A Epernay, on chantera sans doute trois ou quatre chansons du futur album qui sortira en 2013.
Vous proposez aux gens d'envoyer une chanson qui, si elle est retenue, figurera sur le prochain album. Vous avez fait votre choix ?
Pas encore. On prévoyait de s'arrêter en décembre mais finalement on prolonge. Là on a eu une vingtaine de propositions et il y en a deux ou trois qui sont intéressantes. On relance le concours et il n'y a aucune contrainte. Les gens font ce dont ils ont envie en pensant que ça peut correspondre à notre esprit.
Le groupe a eu une Victoire de la Musique, des milliers de spectateurs, des disques d'or et de platine et on vous retrouve dans les petites salles et les boîtes de nuit. Vous prenez ça comment ?
On n'a pas le choix. Il faut se remettre au niveau du démarrage. Mais on n'a pas d'états d'âme. Et puis quand on joue, on fait salle comble ! Les gens ne nous ont pas oubliés. Ça nous arrange aussi parce que les petites salles, c'est plus chaleureux.
Propos recueillis
par Stéphanie Verger
Elmer Food Beat est en tournée pour présenter son Best of « Merci les filles » qui sort le mois prochain. Seule date en Champagne-Ardenne à ce jour, le Montana Club d'Epernay, le 11 février à 22 h 30.
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