Deux Axonais au Québec en 1608

Deux Axonais au Québec en 1608

Publié le mercredi 23 janvier 2008 à 01H00 - Vu 19 fois

Dans le cadre du 400e anniversaire de la création du Québec, qui sera fêtée le 3 juillet, Denis Rolland, président de la Société historique de Soissons, recevait, dimanche après-midi, Eric Thierry, professeur d'histoire au lycée Paul-Claudel de Laon.
Secrétaire général de la fédération des sociétés d'histoire et d'archéologie de l'Aisne, Eric Thierry est aussi historien des débuts de la Nouvelle France.
Le thème de la conférence portait sur la participation de deux Axonais — Lyévin Lefranc, natif de La Bouteille-en-Thiérache, charpentier et de Martin Béguin, de Trosly-Loire, jardinier — à la colonisation du Québec.
Recrutés par Dugua de Mons, qui leur garantit un salaire annuel de 100 livres environ par an (l'équivalent de 1.500 à 2.000 francs), ils signent un contrat d'engagement, avec une vingtaine d'autres Français, sur l'un des deux navires affrétés pour l'expédition.
La Levrette, qui transporte les hommes et le matériel, est commandée par Pierre Chauvin de la Pierre, et le Lièvre est chargé de la traite de la fourrure. C'est effectivement ce négoce qui permit de financer la colonisation. Le 13 avril 1608, ils quittent Honfleur pour un voyage d'un mois.
Enterrés au Québec
Dans les semaines qui suivent, ils œuvrent à la construction d'une habitation à l'allure d'un château-fort sur les bords du Saint-Laurent, terminée à la fin de l'automne 1608.
Ils vivent ensuite du commerce des fourrures et explorent le pays après avoir échappé à un complot fomenté par le serrurier Jean Duval contre Champlain, dont ils se tirent sans problème.
L'hiver 1608-1609 voit l'arrivée et l'installation d'Amérindiens, des Montagnais (Indiens du Canada) affamés avec qui ils doivent partager leurs vivres. Marqués par le froid et les maladies (dysenterie, scorbut), onze français meurent. Les deux Axonais n'en réchappent pas.
On pense qu'ils ont été enterrés près de leur habitation au Québec. Une croix représente les vestiges d'un ancien cimetière.
La Société historique de Soissons étudie actuellement un projet pour commémorer ce 400e anniversaire de la création du Québec.

L'union l'Ardennais