Publié le lundi 26 avril 2010 à 11H14 - Vu 96 fois
SAINT-ETIENNE-AU-TEMPLE (Marne). Les fouilles ont duré deux mois et ont porté leurs fruits. De nombreuses découvertes ont été réalisées sur le site du futur lotissement Chanteraine à Saint-Etienne au Temple.
Tous les trésors ne sont pas étincellants. Certains sont gris, en mauvais état, menacés de destruction au simple contact de l'air. Sur le vaste terrain du futur lotissement Chanteraine à Saint-Etienne au Temple, des archéologues viennent de refermer un chantier de deux mois.
Dans le gel et la neige, puis sous la pluie et enfin un peu de soleil, ils ont ratissé deux hectares. Et il y ont fait de nombreuses découvertes. « Une première phase de diagnostic avait été menée en 2002 et 2008 », explique Benjamin Texier de la société Eveha, bureau d'études retenu pour mener les fouilles. Les carotages avaient indiqué plusieurs richesses à mettre au jour. Ils étaient loin du compte.
La longue bande de terre qui s'étale entre la route menant à l'Epine et la Vesle ne pouvait être entièrement étudiée. Trop cher. Un accord a donc été conclu avec l'aménageur du lotissement. La partie qui borde la rivière - celle qui présente le plus fort potentiel archéologique -, demeurera intacte. Elle ne sera pas construite. En revanche, la zone où les fouilles ont été menées sera lotie. Les futurs propriétaires poseront ainsi leurs pieds sur des siècles d'histoire. En fonction de l'endroit où ils se situeront, ils pourront imaginer la vie de leurs ancêtres, fermiers du Moyen Age, potiers de l'époque Gallo-romaine ou agriculteur de l'Age de Bronze…
Des tribus celtes aux soldats de 14
Car les archéologues ont mis au jour quatre sites qui n'ont pas forcément de lien entre eux. Au plus près de la partie construite du village, ils ont déterré les restes d'une ferme datant du XVe au XVIIIe siècle. Celle-ci possédait notamment une citerne maçonnée totalement préservée.
Au centre de la parcelle, « nous avons trouvé un petit habitat gallo-romain. A partir des céramiques qui s'y trouvaient nous pouvons estimer qu'il remonte entre le 1er et le 3e siècle. Cela va être revérifié en laboratoire. »
Au sud de la zone, les chercheurs ont fait apparaître les traces d'une position de la première guerre mondiale. Là, ils ont trouvé des cartouches, un casque appartenant à un soldat de l'infanterie française et même un obus de DCA qu'il a nécessité la venue des démineurs. Mais le plus intéressant se situe à l'opposé du village. Tout au bout du champ, les fouilles révèlent des vestiges de l'époque protohistorique. « Nous avons trouvé deux enclos funéraires circulaires. Il s'agit de nécropoles de l'Age de Bronze final », précise Benjamin Texier. Dans ces espaces circulaires, les archéologues ont découvert des urnes contenant des cendres. Prélevées avec beaucoup de précautions, elles ont été stockées pour être analysées en laboratoire. Ces fouilles, réalisées dans le cadre de l'archéologie préventive, fournissent des informations précieuses sur ce qu'était la commune à différentes époques.
Les éléments de valeur ayant été retirés du sol, les trous ont été refermés. Le casque, les urnes funéraires et les céramiques vont rejoindre les découvertes archéologiques stockées par la DRAC à Châlons. Le site stéphanois est désormais en mesure d'accueillir des constructions. L'histoire peut continuer à s'y écrire…
Stéphanie VERGER
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