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Des traditions pastorales qui ont du chien

Publié le vendredi 15 juin 2012 à 11H00 - Vu 53 fois


La science de la conduite du troupeau.

La science de la conduite du troupeau.


Les chiens ont joué les vedettes d'un spectacle pastoral, mis en place dans la lignée des traditions agricoles.

DIMANCHE après-midi, dans un écrin du bocage thiérachien de Parfondeval, l'un des plus beaux villages de France, le public a pu admirer les ballets de chiens, sur fond de pâtures, proposés par le comité des fêtes local, à l'écart de la ducasse annuelle et les flonflons des manèges. Ceci, pour un spectacle pastoral de toute beauté, selon le respect de traditions agricoles les plus profondes et d'un patrimoine culturel à préserver.
 

Tout un art

Et de voir évoluer plusieurs chiens d'âges et de niveaux différents, partant de l'apprentissage au stade le plus abouti, avec une remarquable complémentarité. Des chiens heureux et disponibles, un maître satisfait, pour un tout, uni, complice et efficace.
Les vedettes étaient des borders collies, des chiens de berger, aux excellentes aptitudes, à la robe noire et blanche, parfois avec du roux, appartenant à une race née à la frontière de l'Écosse et de l'Angleterre pour devenir des «travailleurs» tenaces, très dociles, concentrés, ardents, intelligents, très craintifs, mais très peu agressifs. Cet animal dynamique dans l'âme est demandeur d'activités. Leur maître, Antoine Brimboeuf, de la bergerie nationale de Rambouillet, a montré les subtilités d'un art, la cynotechnique.

Oies, génisses, brebis...

Étaient aussi en scène des oies, des génisses et des brebis, des figurants locaux, au départ, pas du tout consentants, sans entraînement préalable comme au cirque, entrés en lice pour subir la loi de l'homme et de ses chiens.
D'une manière pédagogique, Anne, elle aussi, plusieurs fois championne de France comme Antoine, a décrit au micro le sens des mouvements des troupeaux, par la volonté de l'homme. Et de suivre Antoine, au fil de ses ordres en anglais ou en français ou de ses sifflets, prolongements de la voix, avec l'avantage majeur d'être entendu de loin.
Les chiens d'Antoine ont effectué, avec une conscience professionnelle avérée, des exercices qui illustraient des traditions pastorales pour guider des bêtes, les protéger, les diviser, les conduire. Ceci, selon des fondamentaux où l'on doit profiter des qualités de l'instinct du chien qui remontent au fond des temps où ces animaux étaient sauvages. Le maître, en tant que chef de meute, va en quelque sorte organiser la chasse. À l'état sauvage, les chiens sont des prédateurs qui travaillent en groupe pour encercler leur proie.
Anne et Antoine ont décrypté les secrets de la position de chacun et des déplacements appelés « le midi-6 heures ».
Il s'agit de contrôler le troupeau et sa progression, en jouant sur le placement instinctif et systématique du chien, à l'opposé du maître, selon la méthode des 3 « R » : rechercher, regrouper, ramener, pour devenir, dans l'esprit du chien, un automatisme évident qui lui permet de croire que c'est lui le maître du jeu.

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