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Des cailloux tombés du ciel au fond de leur jardin

Publié le samedi 06 décembre 2008 à 01H00 - Vu 8 fois


Alain et Noëlle Turgy, ainsi que l'ensemble de leurs voisins, attendent désormais une réponse du préfet.

Alain et Noëlle Turgy, ainsi que l'ensemble de leurs voisins, attendent désormais une réponse du préfet.

Ludovic BARBAROSSA


LA maison est coquette. Joliment décorée. Le sapin de Noël a déjà trouvé sa place dans un coin du salon. Franchement, le pavillon d'Alain et Noëlle Turly, sis allée Georges-Braque à Fargniers, a tout pour plaire.
À condition de ne pas regarder par la fenêtre de la cuisine ou de la salle à manger.
On aperçoit, derrière un… double grillage recouvert d'un filet de protection vert, une espèce de Space Mountain métallique (NDLR : l'une des attractions phares de Disneyland Paris). « C'est là, à 50 mètres de nos maisons, que la société GSM va exploiter pour ces vingt prochaines années une carrière de sables et de pierres. On a appris la nouvelle voici quelques semaines un peu par hasard. Depuis, on nous a installé des protections et un grillage » raconte Noëlle, entourée par la vingtaine de voisins de son lotissement. Le hic ? La société en question a argumenté son dossier en y insérant une carte IGN du début des années 1990. Carte où ne figure pas le fameux lotissement sorti de terre au début des années 2000 où vivent six familles, soit une trentaine de Ternois.
Pavillons dévalorisés
Forcément au parfum du projet, la mairie Tergnier, elle, a botté en touche en leur expliquant qu'il fallait lire les panneaux d'information municipale et patati… Hum, hum !
L'enquête publique est passée comme une lettre à la poste et le préfet a pris un arrêté pour donner son feu vert. « GSM ne pouvait pas ignorer la présence de ce lotissement, ne serait-ce que lors des repérages sur le terrain » commente Alain Delcroix, président d'Alep 02 (Association de lutte pour l'environnement en Picardie) vers qui les riverains se sont tournés.
Car cette grosse machine va faire du bruit. Les riverains ont déjà eu droit voici trois jours à un petit échantillon lors d'un essai.
« Et pourtant le préfet est alerté de notre position mais n'a pas jugé bon de réagir. Des solutions existent mais elles sont bien sûr plus coûteuses pour GSM comme le passage de ces convoyeurs à bandes en souterrain » poursuit Alain Delcroix.
Aussi, les riverains en viennent à douter de la bonne foi de GSM, sachant qu'à quelques centaines de mètres plus loin, elle exploite un autre site où elle n'aurait pas respecté les prescriptions de l'arrêté préfectoral en « omettant » d'enfouir les bandes transporteuses. Tout du moins de manière satisfaisante. « On travaille encore sur ce sujet avec la Drire » affirme Dominique Guillot, directeur de secteur chez GSM.
Sur ces deux dossiers, les riverains attendent aussi des réponses du préfet. Faute de quoi, ils évoquent une montée en puissance de la mobilisation. Car outre les nuisances, les pavillons ont, au passage, perdu 20 % de leur valeur.
Ludovic Barbarossa

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