Publié le mardi 16 novembre 2010 à 12H00 - Vu 593 fois
Pascal Lelong près du chantier (on aperçoit l'entrée des caves souterraines) :
REIMS (Marne). Le sous-sol de la place Saint-Timothée refait parler de lui. Un habitant en suggère une utilisation pittoresque à l'époque médiévale.
DÉCIDÉMENT, le sous-sol rémois ne laisse pas indifférent. En particulier celui de la place Saint-Timothée, dans le quartier de la basilique.
Un de ses riverains nous avait alertés à propos d'un chantier immobilier (notre édition du 6 novembre) : selon lui, il y avait risque de voir occultées à cause de la future construction de possibles richesses archéologiques, et ce malgré les fouilles effectuées.
Eh bien à la suite de cet article, un nouvel habitant du secteur nous a sollicités sur le même sujet : M.Pascal Lelong, qui est un peu plus qu'un simple citoyen, puisqu'il assume aussi la charge de conseiller de quartier. « Je trouve qu'à Reims on a vite fait d'ensevelir le patrimoine archéologique, commente-t-il. Ça avait été le cas déjà avec le parking d'Erlon du temps de Falala, puis avec la médiathèque sur le parvis de la cathédrale ; ici c'est la même chose place Saint-Timothée, on a fait les fouilles, mais on se dépêche de construire dessus. Je suis d'accord pour que l'on construise, mais il aurait fallu d'abord pousser davantage les recherches. »
Lieux de culte pour hérétiques
Et qu'aurait-on trouvé alors selon lui, ou plutôt selon un sien, ami archéologue dont il préfère taire le nom ? Des crayères romaines, réutilisées plus tard au Moyen-Age comme lieux de culte par des hérétiques, ou, plus pittoresque encore, comme cachots par des moines policiers.
Romaines, les crayères ? « On n'a jamais pu le prouver, affirme le service régional d'archéologie, nous n'avons aucun élément probant de datation. » Mais qu'elles soient romaines ou plus tardives, auraient-elles pu servir de cachot religieux ?
« Pourquoi pas ? », répond le fonctionnaire archéologue, un brin amusé quand même par cette hypothèse qui n'était encore jamais venue à ses oreilles.
« Il est vrai que ces crayères ont connu différentes utilisations au fil du temps : comme simples caves, comme abris en cas de guerre, peut-être comme habitats pour des gens sans grandes ressources… et comme caves de champagne ! Alors pourquoi pas des cachots de moines ? »
Hypothèse vraie ou pas, moines ou pas moines, cachots ou pas cachots, notre conseiller de quartier a pris la peine d'interpeller par lettre la maire sur le sujet, lui demandant des fouilles plus poussées.
Au moins un panneau
Ce qu'il souhaiterait au fond, c'est que la présence des générations passées puisse être rappelée aux Rémois d'aujourd'hui.
« Dans le sud de l'Italie, on peut visiter ce genre de galeries souterraines », compare-t-il.
Sans aller obligatoirement jusque-là, - « une mise en sécurité et une mise en valeur pédagogique, ça demande une volonté politique et des moyens financiers énormes ! », reconnaît-on au service d'archéologie - un simple panneau explicatif mentionnant « présence d'un site archéologique de telle ou telle époque » suffirait à le contenter. Ça, ce n'est peut-être pas trop compliqué à réaliser…
Antoine PARDESSUS
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