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Des bardes d'Azerbaïdjan en concert à Reims et Châlons

Publié le dimanche 14 octobre 2012 à 10H56 - Vu 297 fois


Mugham et aschuing ont été classés au patrimoine immatériel de l'Unesco.

Mugham et aschuing ont été classés au patrimoine immatériel de l'Unesco.


MARNE. A découvrir. Une troupe de musiciens d'Azerbaïdjan originaires de Bakou viennent dans la région faire découvrir leur art particulièrement poétique, coloré et tout à fait envoûtant. Rendez-vous à Reims du 19 au 22 octobre, puis à Châlons-en-Champagne du 26 au 28 octobre.

Découvrir un pays en passant par sa culture… C'est ce que propose l'ambassade d'Azrbaïdjan en organisant l'opération « Destination Azerbaïadjan », dont les deux premières étapes ont lieu dans notre région, à Reims et Châlons. Au programme, à chaque fois, une exposition de tapis, d'instruments de musique, d'objets d'art et un concert mêlant jazz, musique classique et traditionnel « le mugham ».

La musique ethnique, la vraie, est toujours passionnante. Elle permet, entre autres, de se plonger dans nos racines culturelles et esthétiques. C'est le cas avec ces concerts de musiciens azerbaidjanais. Comme tous les pays limitrophes du bassin méditerranéen, l'Azerbaïdjan, terre du Caucase, a connu au Moyen-Age une riche floraison artistique. La musique, plus que la peinture et l'architecture y était honorée dans un monde islamique alors épris de beauté et de poésie. La musique traditionnelle d'Azerbaïdjan qui s'organise aux alentours du IXe siècle, et que l'on peut qualifier de classique, se rapproche étrangement de celle de nos Trouveurs, troubadours puis trouvères, qui brillèrent de la fin du XIe à la fin du XIIIe siècle. La musique d'Azerbaïdjan est une musique de bardes, fondée sur un argument poétique aux règles très précises et magnifiée par une musique aux codes mélodiques et rythmiques extrêmement rigoureux.

Mugham et Achug

Dans le domaine élaboré figure le mugham, plutôt pratiqué à la cour puis peu à peu à la ville. Le Mugham est donc un genre savant non écrit pratiqué par des chanteurs-poètes et musiciens qui, parfois, se livraient à de véritables joutes musico-poétiques. On ne peut manquer d'évoquer les jeux-partis de nos trouveurs dont nous avons un savoureux rappel à l'acte II de « Tannhäuser ». Cette riche tradition musicale provient de la pratique musicale en milieu de l'Islam chiite. Le plus souvent, le mugham est pratiqué en trio : un chanteur s'accompagnant au gaval et deux instrumentistes, l'un jouant du tar (luth à long manche), l'autre du kamancha (vièle répandue au Caucase, en Iran et en Orient). De nos jours, ce trio peut s'étendre jusqu'à l'orchestre symphonique.

Le mugham s'articule en trois phases distinctes, un prélude improvisé au tar auquel participe le chanteur, un long développement instrumental, puis une sorte de variations instrumentales d'esprit virtuose. Cette musique se veut très mystique et doit permettre un « voyage dans l'astral », aboutissement de toute méditation. Le mugham est néanmoins une musique de concert, voire de fêtes familiales telles que les mariages, ou les concours de chant.

Elaboré en forme de suite, on a pu dire que le mugham était à l'origine, via la musique arabo-andalouse, de notre Suite de danses… Il ne faut en effet pas perdre de vue que nos trouveurs avaient acquis leur art, poétique et musical, au cours des Croisades, en contact avec l'Islam. Plus volontiers répandu dans le sud de l'Azerbaïdjan, l'achug est également une musique savante que l'on peut écouter dans les mêmes conditions que le mugham, mais les campagnes sont davantage son terrain d'élection. L'achug est un chant solo accompagné du saz, une autre variété de luth à manche allongé que l'on rencontre de la Turquie au Japon. Mais ici le rôle de l'instrument est beaucoup plus modeste. Le chant y est essentiel.

our le reste, la langue musicale, les rythmes, les évolutions mélodiques, l'achug est bien proche du mugham.

L'une et l'autre de ces formes, outre leurs ressemblances « langagières », se transmettent oralement et ne passent pas par l'écriture. Leur apprentissage est le fruit d'un long parcours chez un maître qui enseigne tout, de la conception à l'interprétation. Au XXe siècle, on a tenu à le noter… ce qui contribua à la perte progressive des caractères de cette musique traditionnelle. Il arriva la même chose au chant grégorien au Xe siècle.

 

Destination Azerbaïdjan, du 19 au 22 octobre à Reims (concert le 19 à 20h30 au conservatoire de Reims, exposition du 20 au 22 octobre à la demeure des Comtes de Champagne) et du 26 au 28 octobre à Châlons-en-Champagne (concert à l'église et exposition à la mairie).

Francis Albou
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Les dernières contributions


José51

14/10/2012 à 14h53

Bonne initiative, surtout le concert à l'église, original!

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