Publié le dimanche 17 janvier 2010 à 01H00 - Vu 34 fois
David Kadouch est désormais chaque été un fidèle des Flâneries musicales de Reims.
La 17e édition des Victoires de la musique classique sera présentée en direct lundi 8 février à 20 h 30 sur France 3 et France Inter. Nul doute que les Rémois et autres fans des Flâneries musicales de Reims n'auront d'yeux que pour David Kadouch. Le jeune pianiste de 24 ans a conquis le public du festival qui lui réserve une ovation depuis trois ans, frappé par la puissante énergie de son jeu dans un registre d'hypersensibilité.
« Toute l'équipe a éclaté de joie quand on a appris que j'étais nominé pour les Victoires de la musique. Je ne m'y attendais pas du tout. C'est une chance incroyable. J'ai tout de suite appelé mes parents. Les Victoires, c'est un symbole pour nous, un rêve. » David Kadouch comme tous les surdoués a débuté le piano très jeune. « Mais il n'y a pas de musicien dans ma famille. Ma sœur faisait du piano alors je m'y suis mis aussi. ». Sans imaginer bien sûr être gagné par cet « amour de la musique », une véritable passion qui a révélé un jeu naturel et un immense talent. « Je n'ai pas choisi, c'est comme ça », confie le jeune soliste niçois qui a rapidement débuté une carrière après une formation au conservatoire de Paris auprès de Jacques Rouvier, puis auprès du maître russe Dimitri Bashkirov à 18 ans au Conservatoire Reina Sofia de Madrid pour préparer et élargir son répertoire. Il se perfectionne auprès de Murray Perahia, Maurizio Pollini et Maria-Joao Pires. Remarqué par Itzhak Perlman, il joue avec lui à l'âge de 13 ans au Metropolitan Hall de New York. À 14 ans il donne un récital au Conservatoire Tchaïkovski de Moscou. Itzhak Perlman l'a invité en 2008 à jouer le Quintette de Schumann, à Carnegie Hall. Les festivals le réclament : Lucerne sous la baguette de Pierre Boulez, Jérusalem, Montreux, les Flâneries Musicales de Reims, Santander, Gstaadt, la Tonhalle de Zurich, le Louvre à Paris. Cette année, il sera en Chine du 2 au 13 juin (le 4 à Pékin et le 11 à Shanghaï).
« A Reims, l'accueil est extraordinaire »
« Le plus difficile dans ce métier, c'est la solitude », constate le jeune concertiste qui a découvert très vite les coulisses des plus grandes salles de concerts et les hôtels des capitales étrangères. « Nous sommes souvent des mois entiers loin de chez nous, sans pour autant découvrir les pays dans lesquels on joue. »
Depuis trois ans maintenant, il est sur les routes avec un enthousiasme très pur. « J'adore venir à Reims aux Flâneries. L'accueil est extraordinaire. Pour moi, c'est comme un break. Je me souviens surtout du déluge qui avait interrompu le concert il y a deux ans sur le parvis de la cathédrale. Un grand moment. »
Le 8 février prochain, le soir de la cérémonie des Victoires de la musique classique, David sera l'un des rois de la fête. « Je connais l'un des deux autres nominés dans notre catégorie. Emmanuel Ceysson, harpiste, est de la même promotion que moi. Nous sommes amis. Je ne connais pas Raphalël Sévère, clarinettiste. Il n'a que quinze ans. » Pour le pianiste, le principe du vote du public pour décrocher la récompense suprême est essentiel. « C'est tout l'intérêt des Victoires. Mais je garde la tête froide. Ça n'est d'ailleurs pas mon job de mobiliser les médias. Je ne sais pas faire ça. Aussi, je ne suis pas particulièrement anxieux. » Finaliste du Concours international de piano de Leeds en 2009, David Kadouch est Prix d'Honneur 2009 de l'Académie de Verbier et déjà réinvité pour le festival en 2010. Il jouera le Concerto pour piano n° 1 de Beethoven à Gstaat le 31 janvier. Puis à Pont-l'Abbé le 5 février, Haydn, les Variations en fa mineur, Schumann, le Concerto sans orchestre en fa mineur op.14, Wagner-Liszt, « Spinning chorus » du Flying Dutchman et Chostakovitch, les 24 Préludes op. 34. Le 7 mars, il sera chez lui à Nice avec l'Orchestre philharmonique de Nice, dirigé par Philippe Bender et jouera Rachmaninov, la Rhapsodie sur un thème de Paganini. Un régal pour ce déjà immense et si simple musicien. « Notre travail d'instrumentiste, c'est d'abord et surtout étudier chaque jour. Les concerts, c'est la cerise sur le gâteau. »
Françoise Kunzé fkunze@journal-lunion.fr
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