Publié le jeudi 03 septembre 2009 à 01H00 - Vu 11 fois
Yumiko Valet et Mihoko Hasegawa réveillent le piano de la ville qui a vu grandir leur mari et ami, Jean-Paul Valet.
Audrey Benzaken
LES rayons du Soleil levant illumineront les salons d'honneur de la mairie, vendredi soir. Dès 20 h 30, deux musiciennes japonaises sortiront le piano municipal de sa torpeur pour un concert unique.
Mais quelle lubie leur a pris de venir se perdre dans le trou de verdure des Ardennes, vous demandez-vous ?
Juste une histoire de cœur. Enfant du pays exilé au Japon depuis 30 ans, Jean Valet, cuisinier, a souhaité offrir ce cadeau à la terre qui l'a vu pousser.
« Je reviens deux fois par an à Rethel pour voir mes proches. C'est un truc qui est indélébile », commente-t-il. Et pourtant, que de chemin parcouru depuis son apprentissage à la charcuterie Varlet, au centre de la cité Mazarin. L'ambition aidant, le jeune Jean-Paul monte à la capitale, avant de s'envoler pour l'Allemagne, puis de rejoindre l'équipe Lenôtre à Paris.
« C'était l'époque où l'entreprise était en pleine expansion à l'étranger, j'ai choisi le Japon », précise le retraité. « La route était tracée. J'ai ouvert des magasins Lenôtre là-bas pendant plusieurs années, avant de travailler pour une entreprise Japonaise, puis de me mettre à mon compte. »
Entre-temps, l'homme tombe sous le charme de sa femme Yumiko. Difficile alors de résister à l'envie de faire découvrir son talent et celui de leur amie Mihoko Hasegawa, toutes deux diplômées de la faculté de musique Soai d'Osaka, où elles sont maintenant professeurs.
« C'est un grand plaisir pour nous aussi d'avoir l'occasion de jouer à l'étranger », soulignent de concert, Yumiko et Mihoko, qui taquinaient déjà les touches presque avant de marcher et se sont produites avec les orchestres d'Osaka et du Kansai.
Entrée ouverte à tous
D'ordinaire habituées à jouer en solo, elles interpréteront vendredi soir, une sonate pour quatre mains en ré majeur de Mozart. Deux impromptus de Schubert, trois œuvres de Lizt et trois de Chopin complètent le menu, destiné au grand public.
Par chance, le piano municipal semble faire honneur à la ville. « Nous avons eu un peu peur avant de venir, mais c'est un bon piano. On le fera juste raccorder le matin du concert », apprécie Yumiko Valet.
Près de 150 personnes sont attendues à l'hôtel de ville pour assister au spectacle, mais les portes restent ouvertes jusqu'à vendredi soir pour les amateurs impromptus.
Et la prestation pourrait bien ouvrir la voie. « Nous aimerions proposer une série de concerts de musiciens japonais dans la Région, pourquoi pas aux Flâneries de Reims notamment », note le trio. L'offre est lancée…
Audrey BENZAKEN
Vendredi 4 septembre, à 20 h 30 en mairie de Rethel.
Glissez cette image dans la barre des tâches pour épingler le site








Réagissez