Publié le samedi 25 juillet 2009
La famille confectionne aussi des manteaux pour chiens, qui seront acheminés dans un refuge espagnol pour faire face à l'hiver.
Audrey Benzaken
À les voir se prélasser du lit au fauteuil, on se dit que ces bêtes-là se la coulent vraiment douce. Pourtant la vie de chien, ces lévriers galgo l'ont bien connue.
« En arrivant dans notre maison de Leffincourt, nous voulions reprendre un lévrier et en pianotant sur internet, on est tombé sur un site qui montrait le martyr des lévriers espagnols et appelait à l'adoption », explique Philippe Dupont. « Ces chiens sont utilisés pour la chasse et selon la tradition, à la fin de la saison ils sont pendus plus ou moins proprement. Ils peuvent aussi être brûlés vifs, amputés, empoisonnés, jetés au fond de puits, battus à mort ou simplement affamés. »
Touchés au cœur, les Dupont adoptent Carlota en octobre 2007. Ce premier pas franchi pour la cause des lévriers galgo, la famille Dupont est bien vite devenue bénévole au Bulletin des lévriers*. Depuis deux ans, l'association a relayé l'adoption d'une quarantaine de lévriers issus de refuges espagnols.
« Notre principe n'est pas de remonter des chiens à outrance pour surcharger ensuite les refuges français », explique Diana Dupont. « Ces chiens veulent une famille, et non pas quitter un refuge pour un autre. L'association lutte aussi pour interdire la chasse avec lévriers en Espagne. »
Bonne dose de patience
La maison de Leffincourt se mue alors en terre d'accueil pour lévriers en attente d'adoption. Naturellement les Dupont craquent et adoptent eux-mêmes Salomé et Luz (aujourd'hui 7 et 10 ans), en avril et mai 2008. En plus de Talos, le dalmatien d'Amanda (la fille), deux lévriers barzoï - Scarface et Anggun - récupérés cette fois dans un refuge français, complètent la petite famille.
Aujourd'hui chacun semble avoir trouvé sa place dans cette joyeuse meute, mais il aura fallu une bonne dose de patience.
« Au début, ils rasaient les murs. Quand ils arrivent ils ont peur de l'homme, mais pas forcément de la femme. Carlota a mis trois mois avant de se laisser approcher par Philippe », explique Diana. « Pour des chiens qui ont connu ça, il faut des gens vraiment gentils. Ils ne savent rien faire au départ, même pas monter des escaliers ni manger dans une gamelle. »
Encore maintenant, les chiens essuient un mouvement de recul au moindre geste brusque. « Ce qu'ils ont subi ne s'efface pas comme ça et je me demande même comment ils arrivent à retrouver la confiance en nous. Mais, malgré tous les sévices qu'ils ont connus, ces chiens restent doux, calmes et affectueux », soulignent les Dupont. Difficile de ne pas les croire, à voir mains et pattes s'enchevêtrer avec tendresse sur un coin de canapé.
Audrey Benzaken
*Contacts et renseignements sur les adoptions : bulletinlevrier.blogspot.com/; Diana Dupont : 06.89.46.07.75.









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