Publié le samedi 08 novembre 2008
Delphine Azéma, employée d'une agence immobilière et Francisco Foche, un avocat spécialisé.
Thierry de Lestang Parade
Comme beaucoup de modes précédentes, elle vient des USA. Cette nouvelle formule pour vendre son bien immobilier s'appelle « home staging » (toutes nos excuses mais nous ne connaissons pas sa traduction en français). « Cela consiste en trois principes, ranger, nettoyer, désencombrer » a expliqué hier Mary-Astrid Collet, à la tête d'une agence spécialisée implantée près de Chauny.
Elle se propose donc d'établir des devis gratuits et puis de conseiller des vendeurs pour les aider à valoriser les points forts de leur propriété.
Selon elle, il est aussi important de « dépersonnaliser » sa maison. « Il faut créer un espace neutre pour que quelqu'un puisse s'y projeter et que personne ne s'y sente étouffé ». L'idéal est quelquefois d'y laisser seulement peu de meubles. La formule préconisée consiste alors à entreposer le surplus dans une dépendance, en tout cas, ailleurs. Mais des agents immobiliers ne sont pas gênés par la nudité complète. Pour eux, un logement vide ne pose donc aucun problème. En la matière, l'important se cache dans les détails. Les travaux de rénovation préconisés sont souvent légers. Ils consistent quelquefois en simple rafraîchissement de la peinture. En général, le home staging coûte 1 à 2 % du prix de vente d'une maison.
Les joints de tuyaux, les prises électriques sont aussi des domaines particulièrement surveillés pour communiquer une image saine, un soin apporté à une demeure.
Une vaisselle sale trainant dans la cuisine, la forte odeur d'un chien, une pelouse pas tondue sont aussi des mauvais signes à corriger.
Sur le terrain commercial, la méthode compte déjà des professionnels convaincus. Sylvie Dellisse, de l'agence Carrez estime que « c'est un plus. Nous sommes même assez optimistes. Nous allons beaucoup plus susciter le coup de cœur d'un acheteur ». Elle observe que cette tendance fonctionne déjà dans les grandes villes et qu'elle a toutes les chances de correspondre à une demande ailleurs. En tous les cas, la jeune femme cite l'exemple d'une maison à vendre depuis plus d'un an à Chauny qui a trouvé preneur en trois semaines grâce à sa meilleure valorisation.
A Hirson et Vervins, Jonatan et Loïc Bruyère, gérant également deux autres agences dans le Nord, se montrent aussi intéressés. « C'est une très bonne méthode mais personne ne l'emploie encore dans notre secteur. Elle est toute nouvelle et peut aider pour la vente de maison peu mise en valeur ».
Selon Sylvie Dellisse, le marché n'est pas particulièrement en crise.
D'abord parce que 90 % des futurs propriétaires disposent déjà d'un bien. Le mouvement d'achat et de vente continue donc. Les biens côtés restent d'ailleurs encore recherchés. Par contre, Sylvie Dellisse constate un changement de comportement de l'acheteur. « Il prend plus son temps et se montre plus exigeant ».
Jonathan Bruyère espère tout de même que la crise ne va pas durer. « Nous vendons encore des maisons mais ce sont surtout les prêts bancaires qui sont plus difficiles à obtenir ».
Thierry de Lestang Parade









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