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Charleville : quatre parrains pour le baptême de Voyelles 3.000 m2, 130.000 volumes

Publié le vendredi 17 octobre 2008 à 01H00 - Vu 17 fois


Bartelt, Velter, Hureaux et Goffette : un quatuor de luxe pour inviter à de nouveaux « ailleurs » depuis Voyelles.

Bartelt, Velter, Hureaux et Goffette : un quatuor de luxe pour inviter à de nouveaux « ailleurs » depuis Voyelles.

Angel Garcia - l'Union de Reims


Bartelt, Goffette, Hureaux et Velter : un quatuor de luxe pour le baptême de la médiathèque de Charleville. Et de jolis souvenirs pour mieux rêver d'un futur toujours aussi… rimbaldien.
FRANZ BARTELT passa le premier à confesse, en s'excusant presque. « Désolé, mais je n'ai jamais emprunté de livres. Je préférais les savoir à moi. Mais je fréquentais quand même la bibliothèque ; enfant, des années durant, je venais y recopier des pages entières du dictionnaire. »
Guy Goffette a enchaîné. « Moi, si : j'étais un rat de bibliothèque. J'ai ensuite touché à tous les domaines de l'écrit : enseignant, puis libraire, typographe, imprimeur, désormais éditeur… » Avant d'évoquer un autre genre de bibliothèque : les cimetières. A Charleville, certes, il est une tombe où repose l'un des poètes les plus vivants. Puis André Velter parla de ses vertes années : « J'étais lycéen à Chanzy, et j'avais deux passions : le football et les livres. Le jeudi, je jouais un match avec mes camarades mais les abandonnais au moment de la troisième mi-temps. Je rejoignais la bibliothèque de la place de l'Agriculture pour lire avec avidité. J'y ai dévoré tout Zola. »
Le quatrième mousquetaire, Yanny Hureaux, avait ouvert le bal en évoquant les figures tutélaires, Jean-Paul Vaillant ou Henri Manceau, ceux qui évitèrent que l'héritage rimbaldien et la culture ardennaise ne soient mis en jachère durant un XXe siècle où les guerres et les crises auraient pu réduire ce panthéon à « un simple champ de patates », selon le mot de Brel.
Une agence de voyages
Belle brochette. Bartelt, Goffette, Hureaux, Velter : quatre parrains invités à se pencher sur le berceau de Voyelles, la toute nouvelle médiathèque de Charleville.
Quatre écrivains et poètes ardennais d'origine ou d'adoption qui se sont joints à l'aréopage des officiels pour couper un ruban tricolore ; à dire vrai, comme dans la tradition maritime, on aurait imaginé plutôt jeter contre la façade une de ces canettes que l'enfant terrible de Charlestown s'envoyait dans le gosier, jadis, au café de l'Univers, non loin de là.
Mais à quoi bon singer quand il suffit de (re)lire. Au cœur de la cité idéale rêvée par le prince de Gonzague, Voyelles nous y invite.
Mariage architectural réussi entre matériaux modernes et bâti ancien, elle est désormais une formidable « agence de voyages » vers de nouveaux ailleurs.
Un embarcadère de plus pour faire de Charleville « la » capitale de la poésie.
Philippe Mellet
Leurs derniers livres : Franz Bartelt, « La belle maison » (Le Dilettante) ; Guy Goffette, « L'adieu aux lisières » (Gallimard) ; Yanny Hureaux, « Ardennes vagabondes » (Noires Terres) ; André Velter, « Extases » (Gallimard).
Conçue par l'architecte parisien Daniel Rubin, la médiathèque Voyelles s'élève à proximité de l'ex-bibliothèque centrale, qui elle-même avait succédé au collège où le jeune Rimbaud fut si brillant élève.
Le bâtiment comprend trois niveaux, une salle d'exposition, un amphithéâtre, un espace dédié aux nouvelles technologies, aux supports son et image, soit un total de 3.000 m2 et quelque 130.000 volumes. Coût de l'ensemble : 10,6 M€, subventionné à 70 %.
Sans oublier le saint des saints, l'espace dévolu au fonds patrimonial : on y trouve des incunables, mais aussi des manuscrits de Rimbaud, Verlaine, Eluard, Daumal.
Le fonds Rimbaud (5.000 pièces) voisine depuis 1993 le fonds Velter (3.000 pièces données par le poète né à Signy-l'Abbaye, dont sa correspondance avec René Char) et un fonds « local » (auteurs ardennais tels Jean-Marie Le Sidaner, Jean Rogissart).
André Velter a plaidé lors de l'inauguration pour une numérisation complète de ces trésors et qu'il soient ainsi accessibles via Internet.
Voyelles est la première étape d'un futur pôle culturel dans l'hyper-centre du chef-lieu ardennais qui comprendra également une maison de la culture et des loisirs (MJC) et un lieu dévolu à la marionnette, l'autre figure de proue culturelle de la ville. Un pôle distant de quelques centaines de mètres seulement des musées et de la Maison des Ailleurs (lire ci-contre).

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