Publié le mercredi 26 octobre 2011 à 10H19 - Vu 72 fois
Un film d'aventures de Steven Spielberg avec Jamie Bell, Andy Serkis et Daniel Craig.
Impossible d'échapper cette semaine à l'événement avec aventures de Tintin qui décrochent trois étoiles. Fabrice Littamé accorde deux étoiles à La couleur des sentiments et une étoile à Kiler Elite.
TROIS ÉTOILES / Les aventures de Tintin : Le Secret de la Licorne
Depuis sa création en 1929 par Hergé, Tintin n'avait inspiré les cinéastes qu'à cinq reprises, trois fois en film d'animation, deux avec des acteurs réels. « Les aventures de Tintin : Le Secret de la Licorne », sa nouvelle aventure cinématographique sous la houlette de Steven Spielberg, parvient à concilier les deux formes grâce aux nouveaux moyens technologiques exploitant au mieux les images de synthèse.
Les personnages bougent comme des êtres en chair et en os puisque de véritables interprètes ont été filmés. Mais leurs gestes, leurs expressions et leur moindre émotion ont été ensuite intégrés aux créations numériques de telle sorte que les visages des créatures des albums ont été reproduits avec minutie.
Sur l'écran, il en émane une sorte de féerie. La bande dessinée revit sous nos yeux avec l'élan du mouvement propre au cinéma.
Les protagonistes se permettent ainsi les plus folles et irréelles cabrioles dans les airs quand le capitaine Haddock est suspendu à un avion en pleine tempête ou quand le même homme et le reporter à la houppe dévalent, à bord d'une moto, les rues en pente d'une ville. Si les péripéties qui caractérisent les enquêtes du célèbre journaliste et détective ont été narrées dans l'esprit du dessinateur belge, son style visuel n'a pas été non plus trahi avec une recherche des couleurs en aplat, jusqu'à ces détails comme les ombres portées sur le pavé luisant par un lampadaire.
Toute la palette d'un univers si particulier et cher à de nombreux fans a été ainsi restituée avec magie. Dans ce cocon, il ne restait plus à l'histoire qu'à s'exprimer.
Le scénario de ce long métrage a été écrit d'après trois volumes : « Le Secret de la Licorne », « Le Crabe aux pinces d'or » et « Le Trésor de Rackham le Rouge ». Il est devenu le trésor de Spielberg.
Durée : 1h47. À l'affiche à Châlons-en-Champagne, Charleville-Mézières, Château-Thierry, Chauny, Épernay, Givet, Hirson, Laon, Reims Gaumont, Reims multiplexe, Saint-Quentin, Sedan, Sézanne, Soissons, Tergnier, Villers-Cotterêts, Vitry-le-François et Vouziers.
DEUX ÉTOILES / La Couleur des sentiments
« La Couleur des sentiments » se déroule dans les années 60 dans une ville du Mississippi. Inspiré d'un roman de Kathryn Stockett, le scénario suit plusieurs destins autour d'un personnage principal, une femme noire qui a élevé de nombreux enfants blancs au cours de sa vie alors qu'elle a perdu son fils, victime du racisme.
Une journaliste s'empare de son histoire pleine de dignité et de tolérance et l'enrichit avec d'autres témoignages de nourrices de couleur. Le livre qui en sortira éclaboussera la communauté bien-pensante des Blancs.
Avec intelligence, dans son second long métrage, Tate Taylor ne tombe pas dans le manichéisme : il montre des bons éléments dans la classe au pouvoir. Il évite aussi la caricature, même à travers le portrait caustique d'une mère de famille très raciste.
Cette chronique d'une petite bourgeoisie américaine rétrograde a été réalisée avec beaucoup d'humour et d'ironie, à l'image du regard décalé des serviteurs sur leurs patrons. Le réalisateur n'a pas abordé le problème de la ségrégation raciale sur un plan politique, même si quelques figures de l'époque sont évoquées comme Martin Luther King.
Le cinéaste a traité ce sujet délicat au quotidien, sous la forme d'une satire, avec infiniment de justesse et de densité dans un ton qui rappelle Elia Kazan dans ses peintures de la société. Il signe une « Couleur des sentiments » pleine d'éclat, portée en sourdine par une émotion qui ne sombre jamais dans le mélodrame, en soignant aussi ses plans par des cadres travaillés et des tonalités lumineuses malgré le propos sombre.
Durée : 2h26. À Châlons-en-Champagne, Charleville-Mézières, Château-Thierry, Épernay, Laon, Reims multiplexe, Reims-Opéra, Saint-Quentin et Soissons.
UNE ÉTOILE / Killer Elite
Si Jason Statham évolue dans son jardin, Robert de Niro et Clive Owen pratiquent plus rarement le registre musclé. Les voici pourtant réunis dans « Killer Elite » de chaque côté d'un clan : le premier, qui veut mettre un terme à sa carrière de tueur, accepte une ultime mission pour sauver le second. Il est contrecarré par le troisième larron.
De ce mélange explosif, il en sort un film bâtard. L'acteur monsieur muscles fait difficilement croire à des états d'âme romantiques et à sa rédemption. Quant aux deux autres, en baroudeurs de pacotille, ils assurent le service minimum.
Le réalisateur Gary McKendry esquisse bien une vague croisade contre le comportement du gouvernement anglais pour s'approprier du pétrole dans les pays du Golfe. Mais il n'évite pas les clichés comme ce retour à une vie saine en Australie ou l'aspiration à la retraite pour ces anciens combattants qui rempilent une dernière fois. Il signe bien des scènes spectaculaires sur un rythme plutôt efficace. Mais dans « Killer Elite », l'action aussi se délite peu à peu.
Durée : 1h57. À Châlons-en-Champagne, Charleville-Mézières, Reims Gaumont et Saint-Quentin.
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