Publié le jeudi 18 octobre 2007 - Vu 59 fois
Quelques-uns de ces Rimbaud réunis au Musée de l'Ardenne dans le cadre d'une exposition événement, signés (de gauche à droite et de haut en bas) René-Henri Munsch, Jean-Jacques Morvan, Fernand Léger, Jacques Villon, Sonia Delaunay, Bosshard, Louis Marcoussis, Armand Coussens et Peter Thomson. Remi WAFFLART
Remi WAFFLART
SAMEDI, cela fera exactement 153 ans que naissait Jean-Nicolas Arthur Rimbaud, « poète et explorateur », selon la jolie formule (que l'on put juger un temps désuète mais qui s‘avère finalement assez pertinente) de la plaque commémorative désormais visible rue Bérégovoy.
D'abord sous l'appellation « Illuminations », désormais sous celle d'« Ailleurs poétiques », sa ville lui rend hommage chaque année l'espace d'une huitaine de jours de festivités poétiques au sens large.
Histoire aussi d'occuper le terrain entre les années phares que sont les millésimes anniversaires (1991, 2004).
« Une invitation à prendre la parole »
2007 rimera d'abord avec le slam, ce genre poético-musical (des textes scandés et rythmés) qui a droit au prime-time télévisé grâce à Grand Corps Malade. Un autre de ses grands représentants, Julien Delmaire, en résidence à la Maison des Ailleurs (la bien nommée) multiplie les interventions et les créations : ateliers dans les collèges (avec restitutions publiques), spectacles, publication d'un recueil (illustré) opportunément titré « AD(e) N »…
Slam aussi et jazz manouche, joli mariage, le 26 octobre avec les Saltimbanques de fortune au Forum.
« Le slam est une invitation à la prise de parole et un art à part entière, et Charleville est la première ville à lui consacrer une telle place ; comme en écho, on remarque que les collégiens, par exemple, peuvent ainsi se réapproprier l'œuvre de Rimbaud de manière stupfiante », se réjouit Julien Delmaire (voir nos éditions du 12 octobre).
Largement coordonné par l'association « 5as », le programme comprend aussi un hommage (en deux temps) à Kateb Yacine, figure majeure de la littérature algérienne contemporaine.
De Miro à Patti Smith
Alain Tourneux et les musées de Charleville sont fortement impliqués dans cet ensemble de rendez-vous pour l'essentiel tout à fait accessibles au grand public.
Impossible dès lors de ne pas mettre en exergue l'exposition événement que constitue « Le regard bleu d'Arthur Rimbaud » : la réunion de 50 œuvres (souvent dessins préparatoires ou oeuvres sur papier) d'artistes et maîtres majeurs de 15 nationalités différentes, tels que Miro, Giacometti, Braque, Matta, Léger, Masson…
Tous ayant un jour ou l'autre travaillé sur le poète carolo.
« C'est un choix en forme de carte blanche laissée à Claude Jeancolas, grand spécialiste rimbaldien et ami de notre ville » explique Alain Tourneux.
Cette difficile sélection (l'expo aurait pu contenir 200 tableaux) « permet de mettre en résonance ces différentes œuvres, dont beaucoup appartiennent à nos collections, mais qui ne peuvent hélas être présentées de manière permanente », ajoute le conservateur, qui entretient l'espoir de voir un jour (proche ?) le musée Rimbaud agrandi et rénové.
Pour les œuvres faisant l'objet d'un prêt, on notera plusieurs photos signées Patti Smith, souvenirs argentiques de son dernier passage à Charlestown.
Nous reviendrons plus en détail sur cette exposition dans une prochaine édition qui donne lieu parallèlement à l'édition d'un livre-catalogue tout aussi somptueux.
Philippe Mellet
A de rares exceptions (mentionnées), les manifestations et spectacles sont d'accès gratuit.
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