9.000 km à vélo « à la rencontre des gens »

Publié le mardi 14 août 2007

Jennifer Daude et Sébastien Sisun ont achevé samedi leur périple de 9.000 km à vélo. Ils étaient partis dans le monde « à la rencontre des gens ». Ils en reviennent manifestement séduits, voire éblouis.
Ils ont reçu un accueil émouvant de la famille et des amis après 10 mois d'absence.

Jennifer Daude et Sébastien Sisun ont achevé samedi leur périple de 9.000 km à vélo. Ils étaient partis dans le monde « à la rencontre des gens ». Ils en reviennent manifestement séduits, voire éblouis. Ils ont reçu un accueil émouvant de la famille et des amis après 10 mois d'absence.

PHILIPPE COMARE

DEVANT la maison familiale d'Aulnois (Essômes-sur-Marne), la famille et les amis de Jennifer Daude et de Sébastien Sisun piétinent. Tout de blanc vêtu, ils ajustent l'appareil photo, se hissent sur la pointe des pieds. Les deux cyclistes ne sont pas loin, on les a vus « là-bas, en train de cueillir des fleurs ». Et puis on aperçoit les deux vélos, on voit leurs visages, ça y est, ils sont là ! Les retrouvailles après 10 mois d'absence. Après les embrassades et quelques larmes d'émotion, c'est le silence sur cette route pourtant passante. Il y a tant à dire, on ne sait par où commencer…
« Jen » (22 ans) et « Seb » (24 ans) sont partis le 17 septembre 2006 de Compiègne (Oise), précisément là où ils ont fait leurs études d'ingénieur. Pour un voyage « fou » de 9.000 km à vélo, « mais de 20.000 km en tout, si l'on compte les traversées en bateau, les voyages en train ou en avion ». Ils ont parcouru la France, la Grèce, la Turquie, mais aussi l'Inde, le Népal, la Chine, la Mongolie, la Russie, la Pologne, l'Allemagne… (voir notre édition du 28 juillet). « Pour rencontrer les gens », expliquent-ils, « être proches d'eux, partager ».
Aujourd'hui, ils sont accueillis non pas par des Népalais ou des Russes, mais par la famille rassemblée et retrouvée : « nous nous sommes progressivement préparés à ce retour », explique « Jen », le visage radieux. « Bien sûr, nous avons rencontré des gens, amassé des souvenirs, partagé des émotions. Tout cela est présent en nous et nous ne savons pas encore comment nous allons réagir après ce « retour sur terre ». Pour l'heure, ils racontent dans le jardin familial autour de plats amoureusement bichonnés pour eux : « raconter c'est se souvenir, vivre encore ces moments ».
Ouvert aux autres
Le temps a adouci la mémoire : « on a vécu bien sûr des moments difficiles, des maladies, le froid, le vent… Aujourd'hui, ces « mauvais souvenirs » sont devenus anecdotes. Il ne reste que les « bons » souvenirs », ces moments de partage en Chine, ces rencontres en Mongolie, le transsibérien en Russie (voir par ailleurs). Nostalgiques peut-être ? « Non, la France est un beau pays aussi. Hier, nous avons été reçus comme des princes à Jaulgonne. Qui dit que l'accueil est froid ici ? ». Mais il est vrai qu'« à vélo, on paraît sympathique. Ca nous permet d'amorcer un échange plus facile avec les gens ».
Ils reviennent avec « plein d'envies », peut-être parce qu'ils ont eu le temps « de réfléchir au cours du voyage » de s'interroger sur eux mêmes, de mieux se connaître, « de toucher nos limites, de les dépasser aussi ». Ces épreuves les rendent assurément « plus compréhensifs », souligne Seb, le sourire éclatant. Avec Jen, « nous avons partagé les mêmes objectifs, les mêmes envies, c'était ça l'important ». Alors au seuil de cette retombée dans une autre réalité, « nous ne savons pas encore comment cette année nous a changés et comment nous allons orienter notre vie, mais nous allons en tout cas tenter de vivre avec nos acquis et cette envie, ce besoin de toujours rester ouvert aux autres, une richesse ».
Ph.C.
***
Carnet de voyage

Quand ils ont entamé leur périple, Seb avait terminé ses études et Jen avait pris une année « sabbatique ». Ils avaient économisé environ 7.000 euros et le Conseil général de l'Aisne les a aidés à hauteur de 8.000 euros.
Chaque jour ou presque, ils ont rempli un petit carnet de voyage et envoyé des mails à leurs familles, via les cybers cafés. Des messages décryptés par Alain le père de Jen, grand voyageur aussi devant l'éternel.
En voici quelques extraits. En Chine par exemple : « ils ont une certaine façon de nous mettre à l'aise… Ou alors est-ce nous qui nous habituons à accepter et mieux vivre un accueil ?. A Saint-Pétersbourg, Seb « fait la connaissance de Joseph », dans un parc. Le lendemain, « il nous fait visiter la ville. On aura parcouru 71 km ! ». L'ambiance de collocation en Russie… En Russie encore, ils voyagent 3 jours et 4 nuits dans le « Transsibérien », 6.000 km sur les rails : « deux wagons de commerçants chinois sont remplis de marchandises… », « on partage avec une famille russe, le thé, les jeux, on regarde des photos… ». En Mongolie, « quelle que soit la raison pour laquelle on est entré, la discussion commencera par un bol chaud, des gâteaux secs… ». Au Népal, ils traversent un village « animé d'une vie palpitante. Celle des marchands de fruits et légumes, des enfants qui jouent à chaque coin de rue, des femmes lavant leur linge, ou venant chercher de l'eau, celle des potiers qui font sécher leurs œuvres au soleil… »
Et ces paysages, « les soleils couchants, les canaux d'Amsterdam, les petits villages en bois de Russie, les costumes traditionnels… Ces trésors propres au voyage ».
Site Internet : www.regards-dailleurs.com

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