Publié le mardi 26 juin 2012 à 11H00 - Vu 117 fois
Dénoncé par les associations de défense des animaux (Lisa et SPA), le salon du chiot a attiré plusieurs milliers de visiteurs ce week-end au parc des expositions.
MALGRÉ un temps de… chien, c'est un ballet ininterrompu de véhicules qui se croisent à l'entrée du parc des expositions en ce début d'après-midi de dimanche. Les arrivants sont accueillis par des bénévoles de la Lisa, stoïques malgré la pluie, qui distribuent des tracts disant « Non à l'achat, oui à l'adoption ! ».
Histoire de rappeler que beaucoup de chiens attendent un maître dans les refuges. Histoire aussi de mettre en garde sur le danger qu'il y a de « craquer » sur un chiot, sachant que c'est un acte qui doit engager le futur maître pour une quinzaine d'années.
À l'intérieur du parc, Vincent Blaison, le responsable de la société rémoise RJ Événements, organisatrice de ce salon, ne conteste pas les risques d'un achat « coup de cœur » mais se veut aussi rassurant.
400 chiots
« Le fait d'avoir une entrée payante limite l'achat coup de cœur. Et quand on achète un chiot à 800 euros ou à 1 000 euros, on sait très bien qu'on en a pour quinze ans. Je comprends le discours des associations qui sont devant le parc des expositions mais je ne peux pas leur laisser dire par exemple que certains chiots viennent des pays de l'Est ».
Des chiots, il y en a un peu plus de 400 rassemblés pour ce deuxième salon carolo, âgés au minimum de huit semaines.
« Il y a dix ou quinze ans », rappelle Vincent Blaison, « les animaleries se sont mises à vendre des chiots, y compris d'importation. Cette vente s'est faite au détriment des éleveurs. Et c'est pour les aider qu'on a lancé ces salons du chiot. Nous sommes un peu moins d'une dizaine en France à en organiser ».
Vétérinaires
Dont RJ Événements. Son premier salon à Charleville-Mézières, l'an dernier, avait attiré près de 3.000 visiteurs et s'était soldé par la vente de plus de 150 chiots.
« Tous les chiots sont identifiés par un tatouage ou une puce », insiste Vincent Blaison. « Et avant l'ouverture du salon, j'ai fait contrôler l'état sanitaire des animaux par deux vétérinaires ardennais ».
Devant l'entrée du parc, les responsables de la Lisa affirment avoir rencontré des gens venus se plaindre de leur achat de l'an dernier parce qu'ils estimaient avoir été abusés par l'éleveur.
« De toute façon », tempête la responsable, « ce salon ne devrait pas avoir lieu. Je vais écrire au préfet et au maire pour leur demander de l'interdire ».
A l'intérieur, un éleveur s'approche de Vincent Blaison.
« Il y a des gens qui m'ont acheté un sharpei hier matin mais ils ont un berger allemand et ils ne s'entendent pas entre eux. Qu'est ce que je fais ? ».
La réponse est immédiate : « Tu le reprends ».
Sur le parking, une femme peste contre l'entrée payante : « Ce n'était même pas marqué sur les affiches ! ».
La pluie continue de tomber. Elle n'aura découragé ni les visiteurs, ni les bénévoles de la LISA.
Bernard GIRAUD
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