Publié le dimanche 09 septembre 2012 à 09H50 - Vu 141 fois
Si, en 1942, Roger Zambaux échappe au STO, il sera tout de même forcé de travailler pour l'occupant au travers d'une réquisition.
SAINTE-MENEHOULD (Marne). Durant la Seconde Guerre mondiale, plus de 600 000 Français furent réquisitionnés par l'Allemagne nazie pour participer à son effort de guerre. Parmi d'autres Argonnais, Roger Zambaux parvint à échapper au service du travail obligatoire.
AVOIR 22 ans en 1942 en zone occupée n'était pas une situation confortable. L'Allemagne nazie obligeait en effet la jeunesse française à participer à son effort de guerre. STO : ces trois lettres en ont fait cauchemarder plus d'un. Un beau matin de printemps, le Ménéhildien Roger Zambaux reçoit la convocation tant redoutée. On lui demande de se présenter d'abord à une visite médicale du travail organisée par l'occupant. Ensuite, il aura sans nul doute droit à une villégiature laborieuse quelque part au sud de la Hollande, vraisemblablement dans un camp de travailleurs étrangers. Il en allait ainsi du Service du Travail Obligatoire.
Le jeune homme n'a aucune envie de quitter son Argonne. Il trouve auprès d'une entreprise ménéhildienne le moyen d'y rester. « Je me suis adressé à mon parent Emile dont l'entreprise était réquisitionnée pour les Allemands. Il a réussi à m'incorporer à sa propre liste d'ouvriers requis. C'était le moindre mal, d'autres de Menou y étaient déjà », raconte l'Argonnais. Il peut ainsi se soustraire à l'appel inéluctable du STO. Mais il n'est pas sorti d'affaire puisque le voilà réquisitionné, avec d'autres travailleurs français, pour œuvrer pour l'occupant sur le territoire national. Il est donc contraint de quitter l'Argonne pour Soulac dans la région bordelaise. Il y participe à la construction du mur de l'Atlantique. Dès son arrivée, sous l'autorité - heureusement pour lui - des cadres français de l'entreprise, il reçoit son affectation de chef-coffreur. Maçon, il est affecté avec ses camarades à la construction du mur d'un blockhaus.
Les conditions de vie sont acceptables. « On a bénéficié au début des cabanons de vacances des Bordelais. La nourriture était par contre le problème. Au début, l'occupant nous faisait distribuer une mauvais soupe dans laquelle flottaient des particules dont on ne connaissait pas bien l'origine. Un des compagnons de l'équipe s'est chargé d'améliorer quelque peu la popote de l'entreprise. »
Travailleurs sans permission
Outre la nourriture, le gros souci, ce sont les permissions. Elles sont bien rares. Les absences sont strictement surveillées, les retours pointés. Toute absence injustifiée se voit sanctionnée par un séjour dans une baraque adaptée. Le passage par la gare de Soulac donne lieu à un contrôle approfondi par l'autorité germanique.
Roger Zambaux se souvient encore d'un incident qui aurait pu lui coûter cher. « C'était une fausse permission pour un mariage faite par un camarade du bureau. Mais cette fois c'est à Sainte-Ménehould que des gendarmes français sont venus contrôler les participants à la noce ». La présence de Roger lui vaut l'établissement d'un rapport. « J'ai eu de la chance, on n'en a jamais eu de suite. »
Si notre Argonnais ne se souvient pas d'avoir été témoin de brutalité de l'occupant vis-à-vis des travailleurs français, il a gardé en mémoire sa rencontre, un soir dans les rues de Soulac, avec une patrouille allemande. Contrôlé alors qu'il était avec des camarades du chantier, il s'est retrouvé conduit de force dans un camp voisin avec interdiction de reprendre son ancien hébergement. Le groupe parviendra tout de même à sortir discrètement de ce lieu inhospitalier.
Des gestes inoubliables
Un autre incident le marque aujourd'hui encore. Lors d'une baignade dans une mer houleuse, un de ses compagnons avait été entraîné au large et hurlait pour demander du secours. En compagnie d'un soldat, Roger Zambaux l'avait sorti de ce mauvais pas. « C'était un Allemand qui m'a aidé. Je n'oublie pas. »
L'Allemagne nazie perdant progressivement du terrain, elle cessera bientôt ses réquisitions. Après un an et demi de travail forcé consacré à la préservation du grand domaine d'occupation hitlérienne, Roger Zambaux rejoindra son entreprise ménéhildienne du départ. Les récits comparatifs d'autres aventures du fameux STO lui font aujourd'hui encore apprécier la chance qu'il a eue d'y échapper : « J'ai évité le pire et je dis merci à tous ceux qui m'ont aidé ».
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Commentaires anonymes
10/09/2012 à 09h10
on devrait rétablir le sto dans les banlieues mais sous une autre forme