Publié le jeudi 06 mai 2010 à 12H00 - Vu 135 fois
Bertrand Delanoë et Claudine Ledoux inaugurent ce soir RimbaudMania à Paris : « La plus grande collection éphémère jamais réunie » autour du poète.
IRONIQUE clin d'œil du calendrier et du destin : l'expo RimbaudMania, pertinemment sous-titrée « L'éternité d'une icône », est inaugurée ce soir à Paris quelques semaines après la spectaculaire et médiatique mise au jour d'une photo inédite de Rimbaud fraîchement débarqué à Aden.
Un événement car les clichés du poète sont rares (moins de dix) et surtout parce qu'elle a offert au monde le visage d'un inconnu célèbre (beaucoup d'ailleurs ont refusé de reconnaître ce Rimbaud-là à l'âge de 25 ans, déjà si éloigné du cultissime portrait de Carjat, et encore bien joufflu par rapport au visage émacié des photos postérieures, rongé par la chaleur, la fatigue, l'incapacité à atteindre cet ailleurs tant désiré).
Une photo cependant authentique, et aussitôt vendue plus de 100.000 €…
Il était déjà trop tard donc pour l'intégrer dans « RimbaudMania », qui du 7 mai au 1er août à la Galerie des bibliothèques de la ville de Paris, présente plus de 350 « objets » qui déclinent l'œuvre et surtout l'image de l'homme aux semelles de vent.
Conçue par Claude Jeancolas, en partenariat avec la ville de Charleville (qui a mis à disposition ses incomparables collections), RimbaudMania est le miroir d'une sorte de religion pratiquée par des millions de Rimbaldolâtres depuis des décennies.
Un signe de ralliement
Une plongée dans l'œuvre et la vie de ce poète à l'œuvre fulgurante et de cet homme au destin hors norme, qui très vite devint l'objet d'un culte.
Il y a l'œuvre elle-même (l'expo présente évidemment des manuscrits originaux), il y a les premières éditions, les traductions, les premières biographies et exégèses. Le visiteur en a évidemment un aperçu de choix.
Mais l'aspect le plus novateur de RimbaudMania, c'est d'avoir exploré comment le mythe Rimbaud (via notamment la fameuse photo de Carjat) a gagné toutes les disciplines artistiques (peinture, cinéma, musique), mais aussi les arts populaires, ou encore la mode, la publicité.
Ce visage devenu une icône étant désormais le signe de ralliement de toutes les jeunesses, de toutes les révoltes, de toutes les soifs de modernité, d'ailleurs, d'absolu (comme plus tard ce fut aussi un peu le cas de la photo de Che Guevara, parallèle auquel se risque avec raison Claude Jeancolas).
D'où, comme l'explique la plaquette de présentation éditée par la ville de Paris, le fait que cette expo constitue, effectivement, « la plus grande collection éphémère jamais réunie autour de Rimbaud », faisant se voisiner des œuvres de Picasso ou Giacometti, des pochettes de disques, des robes de Castelbajac et des pin's ou tasses à café…
Moderne et pluriel, quoi.
Philippe MELLET
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