Publié le samedi 18 juin 2011 à 11H00 - Vu 318 fois
Claude Bacconnet, professeur de génie civil à l'université de Clermont-Ferrand, a procédé à l'endoscopie du sol de la place des Etats-Unis jeudi et hier matin.
Après avoir scanné la place des USA, les archéologues ont sondé le sous-sol en y envoyant une caméra. Histoire de voir ce que recèlent ses profondeurs.
MALADE, la place des Etats-Unis ? Jeudi et hier matin, les archéologues castels se sont encore pressés à son chevet. Après l'avoir « scannée » à la mi-mai avec un étrange appareil (notre édition du 14 mai), ils viennent de la sonder à l'aide d'une caméra. Dans le langage médical, on dirait qu'ils lui ont fait une « endoscopie ». Vous allez dire que la journaliste déraille et qu'elle doit aller consulter au plus vite… et bien non !
Claude Bacconnet, professeur de génie civil à l'université de Clermont-Ferrand est venu tester une nouvelle technique pour analyser les dessous de la place. « Une technique non invasive » précise François Blary, archéologue et maître de conférence à l'université d'Amiens. Entendez sans faire de tranchée à tout va qui aurait pris bien de temps qu'une journée et demi !
5 000 photos prises
A l'aide d'une tige en métal, dans laquelle passe une caméra, il a exploré à cinq endroits différents, le sous-sol jusqu'à 7 m de profondeur. Pour enfoncer la tige, il a fallu au préalable faire un trou de moins d'un m2 à l'aide d'une pelle mécanique. « Car il y avait deux couches de bitume » explique Sébastien Ziegler, responsable de l'unité archéologique castelle. Une fois enfoncée, la caméra réalise une photo tous les 5 millimètres. « Nous préférons faire des photos, les clichés étant de meilleures qualités qu'un film », note l'archéologue.
Que découvre-t-on en-dessous du bitume ? « De la grève, des remblais, de la vase et de l'eau ! ». Dès 4 mètres, « l'ancien niveau de la Marne », affleure. Une indication non négligeable pour des promoteurs et les archéologues si des projets comme le centre commercial par exemple doivent voir le jour à cet endroit. Les éventuels vestiges sont visibles aussi à ce niveau-là, « après, c'est de la vase et c'est trop trouble pour y voir quelque chose ».
Lors de la première prospection en mai dernier, des restes de maçonneries avaient été découverts à hauteur de la Société générale. Anciens remparts, quais, tours ? On ne sait pas encore de quoi il retourne. Les photos « environ 5 000 (1000 par site) » seront ensuite envoyées à l'université de Reims qui analysera les différentes couches de sédiments.
Au final, la place des Etats-Unis aura retenu l'attention de plusieurs universités : Jussieux, Amiens, Reims, Clermont- Ferrand sans oublier le CNRS. Chacune y teste des méthodes de prospection. Une belle opportunité pour la municipalité car ça ne lui coûte pratiquement rien, si ce n'est le défraiement des intervenants.
Pour réaliser ce diagnostic du sous-sol, 11 places de parkings ont été mobilisées sur 1,5 jours. Certes, hier matin, c'était jour de marché. Mais là, les archéologues étaient confinés côté friterie, là même où d'ordinaire, on stocke du matériel pour les travaux de la place Jean-de-La-Fontaine.
Frédérique PÉTRÉ
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