Publié le mercredi 04 mai 2011 à 11H00 - Vu 133 fois
Serge Duterque, président de Solicoeur, en charge de mettre en place l'antenne ardennaise de France bénévolat.
Quel est l'objectif de cette antenne ?
« L'idée est clairement de mettre en relation les bénévoles qui veulent s'engager dans l'associatif que ce soit dans l'humanitaire, le caritatif, le handicap, à un poste d'exécution ou d'encadrement, etc. avec les associations qui ont des besoins. Pour cela, on a des associations partenaires. Pour l'instant, on en est à une dizaine : le Comité olympique, la Sève et le rameau, SOS Amitiés, la Croix-Rouge, Entraide évangélique, le Comité de lutte contre le cancer du colon ».
Concrètement, comment cela se passe ?
« On met directement en contact les bénévoles et les associations. J'ai une équipe d'accueillants, de trois à quatre personnes, qui réceptionnent le candidat et établissent avec lui une sorte de bilan de compétences. On fait le point sur ce qu'il souhaite faire, les domaines qui l'intéressent et ce qu'il sait faire. Évidemment, si quelqu'un me dit qu'il veut travailler à SOS Amitiés, on va évidemment lui demander s'il considère qu'il possède une grande qualité de discrétion. On fait une sorte de présélection, mais, au final, ce sont les associations qui choisissent ».
D'où vient cette idée ?
« J'ai été contacté par l'antenne de Reims de France Bénévolat. Comme rien n'existe dans les Ardennes, ils avaient des bénévoles qui s'adressaient à eux, sur leur site Internet, étant l'antenne la plus proche du département. Reims essayait de les dispatcher. Mais c'était compliqué. Donc ils m'ont demandé si ça ne m'intéressait pas de créer une antenne ».
Cibler les compétences
On dit souvent que le bénévolat connaît une crise de vocation.
« Il manque des bénévoles, c'est ce que toutes les associations disent de façon générale. Je nuancerai un peu. Je pense qu'on n'offre pas assez aux bénévoles l'opportunité de développer leurs capacités. Un bénévole a besoin de cadre, de sécurité. Il faut cibler ses compétences et l'aider à s'épanouir. Par ailleurs, ça demande aussi que les associations renouvellent leur façon de faire notamment une petite rotation des effectifs. On a souvent des bénévoles qui verrouillent des postes depuis des années. Les associations ne jouent pas forcément le jeu ».
Pensez-vous qu'en facilitant les démarches des futurs bénévoles, le phénomène peut être contré ?
« Il y a des cohortes de gens qui partent à la retraite tous les ans. Il faut aller les chercher, les démarcher […] Le bénévole ne sait pas à qui s'adresser, il va appeler une association mais il aura du mal à joindre le président, il faut qu'il rappelle. Ce n'est pas simple. Et un bénévole, il faut lui répondre tout de suite, sinon il se lasse. Nous, on le met directement en contact avec une association ».
Quelles sont les principales qualités que doivent posséder les candidats au bénévolat ?
« Il faut que la personne soit fiable. Quand elle s'engage sur une action, même deux heures par semaine, il faut qu'elle les tienne. L'association s'appuie sur des forces stables ».
Propos recueillis par Manessa TERRIEN
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