Publié le mardi 23 août 2011 à 11H24 - Vu 145 fois
Elle n’a jamais eu aussi chaud.
Cette année, les vendanges ont démarré très tôt. Les cueilleurs, surpris par la chaleur de cette fin août, accusent le coup.
CHAUD, chaud, trop chaud. Le thermomètre affichait hier 32 degrés à 15 heures dans les coteaux sézannais. Après le démarrage des récoltes à Montgenost le 20 août par dérogation du fait d’une croissance prématurée du raisin, c’était au tour des vendangeurs de la coopérative Le Brun de Neuville de Bethon de retrousser leurs manches dans le chardonnay (cent trente hectares) et le pinot noir (vingt hectares) hier.
«Jamais, on n’a vendangé aussi tôt»
Les coups de soleil allaient au rythme du remplissage des cageots. La cinquantaine de saisonniers dégoulinants de sueur, surpris par la fournaise, n’en pouvaient plus. « C’est la première fois que j’ai encore plus chaud qu’en 1976», commente Louise, une habituée des récoltes, rouge écrevisse, accroupie, le sécateur à la main.
D’habitude, la cueillette du raisin, régie par l’Association viticole champenoise (AVC) s’entame en septembre. «Jamais on n’a commencé aussi tôt», signale Damien Champy, président de la coopérative de Bethon, qui regroupe cent cinquante viticulteurs et quatorze salariés permanents sur une surface de cent cinquante hectares.
Inquiétudes sur la teneur en sucre
«Heureusement, comme le calendrier a été connu assez en amont, on a réussi à s’organiser, à trouver des petites mains pour vendanger, sans avoir recours à l’intérim. »
Tout le monde est là. Le vinificateur, le courtier en vins de Champagne aussi pour surveiller les opérations.
Il n’y a pas que dans les vignes qu’on travaille. Une fois les fruits amenés par brouettes dans des cageots, leur teneur en sucre est vérifiée et ils partent au pressoir, puis à la vinification. La procédure est assez longue. La mise en bouteille n’aura pas lieu avant le mois d’avril prochain.
Cependant, le trop-plein de lumière et de chaleur pourrait bien poser quelques problèmes. «La teneur en sucre, qui se transforme ensuite en alcool, augmente plus vite avec les rayons du soleil… Il ne faudrait pas que le mercure monte aussi haut tous les jours », espère Damien, qui supervise la première journée. « Mais pour l’instant, tout va bien.Le raisin est délicieux, il y a peu de pourriture. Le champagne devrait être bon!» Il n’y a finalement aucune ombre au tableau cette année. Et c’est bien ça le problème!
Lilly THOMANN
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