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Champagne / Des coops en quête de marques fortes

Publié le mardi 27 mars 2012 à 10H54 - Vu 162 fois


Eric Potié, président des coopératives de champagne, veut miser sur l'aval dans les prochaines années.

Eric Potié, président des coopératives de champagne, veut miser sur l'aval dans les prochaines années.

Bernard Sivade


Avec un peu plus de 28 millions de bouteilles vendues en 2011, les coopératives enregistrent une hausse de 2,2 % de croissance en volumes.

« Pourquoi pas se réunir pour racheter une maison ? »
« Il est évident que ces chiffres sont liés à la montée en puissance des deux groupes coopératifs, Nicolas Feuillatte et Alliance, qui réalisent presque à eux deux cette performance » analyse Eric Potié, président de la Fédération des coopératives vinicoles de la Champagne. À la veille de l'assemblée générale de la FCVC, Eric Potié fait le point : « Si l'on regarde la situation de plus près, on s'aperçoit que le marché français s'érode, et qu'il nous faut aborder des marchés plus lointains. Pour ce faire, nous devons nous structurer sans pour autant dénigrer notre cœur de métier, celui de récoltant. Mais il faut être lucide car le mode de consommation évolue, et notre réussite passe par la mise en place de marques collectives fortes. Nous devons inciter les coopératives à se développer. »
Pour le patron des coops, la ligne est tracée : « Il faut miser à fond sur l'aval. C'est l'avenir du Vignoble. Ce sera d'ailleurs un des thèmes qui sera évoqué à l'assemblée générale. » Et d'étayer ses dires en proposant une solution : « Pourquoi ne pas se réunir pour racheter une maison ou une marque prémium ? » L'idée ne surprend pas ou plus puisque l'on sait que la Coopérative régionale des vins de Champagne (CRVC) avec un appui de Nicolas-Feuillatte a été intéressée par le rachat de Piper et Charles Heidsieck l'année dernière. « Actuellement je sais que cette stratégie est moins en projet au niveau du centre Nicolas-Feuillate, mais à la FCVC on y réfléchit. C'est une question de mutualisation et synergie. On pense ainsi aux différentes fusions des grandes coopératives céréalières à l'instar de Champagne Céréales. »

Attention, Eric Potié tient à préciser qu'il ne s'agit pas d'être dans un quelconque rapport de forces avec d'autres opérateurs champenois, mais simplement de travailler sur la valeur ajoutée pour garder « un contre-pouvoir » pour maintenir les équilibres champenois. Car devant l'évolution du monde champenois sur une économie libérale, Eric Potié met en garde : « Il faut être réactif et donc penser rapidement. Jusqu'à présent, nous maintenons 30 % de parts de marché, il faut dépasser ce pourcentage. Nous avons peut-être déjà perdu du temps. Nous devons passer la « seconde ». Faut-il encore que les mentalités évoluent. »
Autre point développé par les coopératives : la révision de l'aire. « Les groupes du Négoce sont présents sur le terrain et tentent d'engager les futurs propriétaires de surfaces classées sur des contrats à moyen ou long terme. On trouve même des lettres de promotion dans des boîtes aux lettres… » Pour ne pas être les dindons de la farce, il faut être présent sur le terrain. Ce que reconnaît Eric Potié : « C'est donc à nous d'expliquer à ces exploitants agricoles ce que représente le monde de la coopération viticole. Ce n'est pas le même univers que celui des coopératives agricoles. Entrer dans une coopérative viticole, c'est un engagement, presque une pensée philosophique. Il ne faut pas laisser passer le train. Nous allons d'ailleurs débuter par une communication envers les agriculteurs. » Il reste à savoir si ces derniers seront sensibles à ces discours.
 

sophie claeys-pergament
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