Publié le mercredi 28 septembre 2011 à 11H00 - Vu 179 fois
L'aéroport de Vatry est bien parti pour tomber dans l'escarcelle de la communauté d'agglomération, à l'occasion du redécoupage en préparation. Un mastodonte est en train de naître.
LA mariée est parée de ses plus beaux atours. Dans le cadre de la réforme de l'intercommunalité, la communauté d'agglomération de Châlons se prépare à une très vaste extension de son territoire. La communauté de communes de l'Europort, autour de Vatry, a longtemps réfléchi, discuté, soupesé le pour et le contre avant d'émettre un « oui » de principe. C'était le 22 juillet. Il a ensuite fallu que chacune des onze communes qui la compose vote à leur tour officiellement dans ce sens. Et toutes ont également dit oui au projet d'une grande intercommunalité avec le bassin de Châlons. Enfin presque toutes : Cheniers s'est abstenue. Mais, comme le souligne le président de l'Europort avec un pragmatisme à toute épreuve, une abstention n'est pas un refus. François Bourbier ne cache pas son bonheur.
« Je suis assez content », explique-t-il, « c'est la plate-forme aéroportuaire qui fédère les onze communes, le fait d'être rattaché à l'agglomération ne peut que servir son développement. » Avec ses 2 000 habitants, l'Europort basculera d'une structure rurale à une dimension franchement urbaine. « Cette réforme, il fallait la faire », ajoute François Bourbier, également maire de Sommesous. Les élus de l'Europort avaient senti l'importance du chantier à venir. Les discussions ont été menées avec toutes les communautés de communes qui jouxtent son périmètre, y compris au nord de l'Aube, bien en amont des échéances prévues.
Retour sur investissement
Le problème, désormais, est de définir l'organisation des différentes compétences. « Nous travaillons avec l'agglomération de Châlons et un bureau d'étude sur les problèmes de gouvernance, de finance, etc... Il faudra être prêt le jour où tout sera officialisé », avance le maire de Sommesous. Des éléments que confirme le président de la communauté d'agglomération, Bruno Bourg-Broc. « Cités en Champagne est une intercommunalité qui gère une partie rurale et une partie urbaine. Parmi les treize communes de Cités en Champagne, nombreuses sont rurales comme La Veuve, Moncetz-Longevas, Saint-Gibrien, etc. L'adhésion de communautés de communes rurales ne pose donc aucune difficulté », a-t-il notamment fait valoir auprès du rapporteur général de la commission départementale de coopération intercommunale, Jacques Douadi. Tout en rappelant au passage que l'agglomération châlonnaise attend aussi, d'une certaine façon, un retour sur investissement. L'agglomération « accompagne depuis le début le développement de l'aéroport de Vatry avec plus de 3,7 millions d'euros d'aides financières pour l'infrastructure, l'inter-modalité, la promotion du site ou le développement du transport de passagers ». On ne peut être plus clair…
La communauté de communes de la région de Condé-sur-Marne et la commune des Grandes-Loges font également partie du package. L'entité en gestation sera un mastodonte à l'échelle du département. D'autant plus grosse que les élus de Cités en Champagne louchent aussi en direction de la communauté de communes de Jalons, où l'usine McCain (à Matougues) « est un pôle économique majeur et structurant du territoire châlonnais », comme l'indique Bruno Bourg-Broc. L'intercommunalité a vraiment la frite en ce moment. Mais son processus de réforme s'annonce encore très long.
Sébastien LAPORTE
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