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Yuksek: l'étoile prospère et modeste de la scène rémoise

Publié le mardi 07 février 2012 à 11H14 - Vu 84 fois


Yuksek équilibre entre les festivals bien payés en Europe et les concerts à perte aux Etats-Unis.

Yuksek équilibre entre les festivals bien payés en Europe et les concerts à perte aux Etats-Unis.


« Je ne passe pas chez Michel Drucker, on ne me reconnaît pas dans la rue », rappelle volontiers le Rémois Pierre-Alexandre Busson. C'est vrai, les mamies ne l'écoutent pas encore raconter sa vie les dimanches après-midi sur France 2. On a vu quand même Yuksek sur le plateau du Grand Journal de Canal + ou dans les colonnes de Libé et des Inrocks. Comme ses comparses de la « scène rémoise », Brodinski, The Shoes, The Bewitched Hands, il a réussi à « percer » comme aucun musicien ne l'avait fait auparavant dans la région. Issu de la classe moyenne, Pierre-Alexandre Busson n'a pas tardé à faire de la musique son métier. Il est passé rapidement de ses dix années d'études au conservatoire de Reims aux studios parisiens. Chose rare, il semble n'avoir jamais connu la galère. « J'ai toujours réussi à vivre de la musique d'une manière ou d'une autre même avant que le projet Yuksek marche. J'ai toujours fait des concerts, des musiques de documentaires, ou de pub avant Yuksek, et même après. »

Je serai forcément moins demandé dans dix ans

Même s'il contenait deux tubes, comme Tonight et Extraball, son premier album sorti en 2009 est loin d'avoir battu des records de vente. « Je ne sais pas précisément combien j'en ai vendu. Cela doit tourner autour de 20 000 ou 30 000 disques dans le monde. A l'heure actuelle, pour un musicien comme moi, les ventes de disques c'est marginal. Ce n'est plus du tout un indicateur de réussite ou d'échec pour le style dans lequel je suis. Les gens qui vendent vraiment des disques sont ceux dont les morceaux passent en grande rotation dans les radios nationales. Il n'y a plus que la variété qui vend du disque. C'est en supermarché que cela se joue ».
C'est ça la crise du disque. Mais pas forcément la crise économique pour Yuksek. Le Rémois est invité dans les plus grands festivals dont les organisateurs lui signent de jolis chèques. Déjà cités dans la presse, les chiffres appellent des explications de Pierre-AlexandreBusson. « Quand je joue, ça me coûte 4 000 euros. On est six sur scène, trois musiciens et trois techniciens. Or, dans la tournée que l'on va faire aux Etats-Unis, où l'album n'est pas sorti, le spectacle va être vendu entre 1 500 et 2 000 euros alors que dans certains festivals européens on va toucher entre 15 000 et 20 000 euros. La tournée américaine, avec laquelle on va perdre 20 ou 25 000 euros entre dans une logique de développement. La perte va être équilibrée par les festivals que l'on va faire en France ou en Australie, là où il y a plus d'argent. » Les sommes reçues ne vont pas dans la poche du musicien. « C'est une coproduction avec le tourneur et il faut payer les taxes et impôts en France », précise-t-il.
Reste qu'avec ses activités parallèles de remixes, de productions, d'écriture pour d'autres artistes, et surtout de vente de musiques de publicité, le Rémois vit très bien. Mais le il garde la tête froide. « Je n'ai pas envie de faire le débile avec l'argent que je gagne à l'heure actuelle. Je gagne dix fois ou quinze fois plus qu'il y a trois ans et je sais bien que dans trois ans je peux revenir à ce que je gagnais avant. Il faut être conscient du coté éphémère des choses. »
Fer de lance de ce que l'on appelle maintenant la « Reims Academy », Yuksek semble réaliste, modeste voire… pessimiste. « Je sais que je ne ferai plus de concerts quand j'aurai cinquante balais. Je serai forcément moins demandé ou moins dans l'air du temps. J'ai 34 ans, je ne suis pas un jeune loup de la musique, je sais que ce je fais à l'heure actuelle a une durée de vie assez limitée. » Le talent et la réussite n'interdisent pas la prudence.

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