Publié le dimanche 12 février 2012 à 12H00 - Vu 99 fois
Rencontre. Tour à tour bourgeoise déjantée ou camionneur efféminé, Chantal Ladesou a plus d'une expression dans son sac. Son one woman show vitaminé est programmé le 18 février dans la Marne à Sainte-Ménehould.
Dites-nous la vérité : vous prenez quoi pour avoir autant d'énergie ?
On me le demande souvent mais en fait je ne prends rien ! Je ne prends que sur moi-même. Et je rentabilise au maximum mes heures de temps libre. Heureusement, je récupère très vite ! C'est vrai qu'en ce moment, je fais mes 40 heures par semaine, ce qui n'est pas si courant pour un artiste. Je suis un peu hyperactive. Si je ne travaille pas, ça m'angoisse, alors je lance des projets. J'aime assez cette espèce d'urgence, c'est très stimulant !
Est-il exact que vous avez commencé le théâtre à la récré en CM2 ?
C'est vrai ! J'allais en classe pour faire du spectacle ! Dès que j'avais un moment, j'écrivais des sketches. Et puis j'amenais des frusques : des shorts en velours, des plumes. Dans la cour, je faisais la distribution des rôles et on jouait ! C'est une passion depuis toujours. Je pense que j'ai eu une mère qui a raté sa carrière. Elle m'a toujours dit que s'il n'y avait pas eu la guerre, elle aurait aimé faire du théâtre.
« Mon spectacle parle beaucoup de moi »
Vous avez tout de même dû vous accrocher…
Quand j'étais au cours Simon, René Simon me disait : « Toi, tu réussiras très tard ». C'est vrai que je n'ai jamais été une jeune première ! J'avais toujours des rôles de femme austère et plus âgée. En troisième année, Simon m'a dit : « On cherche quelqu'un pour jouer une pute sur un boulevard, Chantal, allez-y ! ». Ensuite j'ai tourné avec Buñuel et je me suis dit : qui a dit que ce métier était difficile ! Et puis j'ai rencontré mon mari et nous avons eu deux petits garçons. Quand j'ai voulu revenir, là, ça a été difficile.
J'ai tapé aux portes. Heureusement que mon mari m'a beaucoup soutenue, il a vraiment été mon partenaire.
Ce qui explique que vous le « remerciez » dans votre one woman show…
C'est vrai que je l'attaque pendant une heure et demie et il rigole tout le temps ! Il est d'une mauvaise foi : il ne se reconnaît pas du tout ! Mon spectacle parle beaucoup de moi. C'est un reportage de guerre.
Comme je le dis sur scène : vous épousez Brad Pitt et vous vous retrouvez avec Marguerite Duras ! Quand le mari est à la retraite et revient à la maison, il s'occupe de choses dont il ne s'occupait pas avant. Cette situation, je l'ai vécue. Je me suis dit : ou je me casse ou j'en fais un spectacle ! Je l'ai exorcisée !
Après une carrière bien remplie au théâtre, vous disiez avoir besoin d'un tête à tête avec le public. C'est le cas depuis 2009 : êtes-vous comblée ?
Oui, je suis comblée ! Je ne pensais pas avoir autant de succès. On a commencé avec « J'ai l'impression que je vous plais » et maintenant « J'ai l'impression que je vous plais vraiment ». Je vais continuer jusqu'en juin et ensuite je vais faire un break. Cela fera quatre années avec ce spectacle. Je n'ai pas envie de m'en lasser.
En septembre, je jouerai une pièce avec Isabelle Mergault. (Actuellement, Chantal Ladesou tourne une série avec Anne Roumanoff pour la chaîne Comedie).
« Je suis une épicurienne »
Vous avez une voix très typée, une diction très particulière. Vous la travaillez ou vous laissez faire la nature ?
Je suis trop paresseuse pour travailler ma voix ! Au supermarché, pas coiffée pas maquillée, on ne me reconnaît pas. Mais c'est vrai qu'il suffit que je me mette à parler pour que les gens disent : c'est Chantal Ladesou !
Vous êtes originaire du Nord mais vous n'avez pas d'accent : vous l'avez perdu ?
En fait, ma mère était parisienne et elle ne voulait pas qu'on prenne cet accent. Mon père, lui, l'avait. Je suis née à Roubaix et j'ai grandi à Tourcoing. Dans la maison de ma grand-mère, la salle à manger était en France et la cuisine en Belgique. Du coup, j'ai une double culture !
Qu'est-ce qui vous plaît vraiment, à vous, quand vous n'êtes pas sur scène ?
J'aime la vie en général. Me balader, boire du bon vin, voyager, aller en tournée, rencontrer des gens. Je suis une épicurienne.
A Sainte-Ménehould, vous pourrez déguster du pied de cochon…
Ce n'est pas mon plat préféré mais mon mari adore ça. Tiens, voilà une idée : ça va l'occuper !
Propos recueillis par
Stéphanie Verger
sverger@journal-lunion.fr
Chantal Ladesou sera sur la scène de la Cité Valmy à Sainte-Ménehould le 18 février à 20h30.
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