Publié le jeudi 10 juin 2010 à 08H15 - Vu 19 fois
11 % des femmes ont subi des violences à caractère sexuel au cours de leur vie. 45 % des violences sexuelles concernent des enfants de moins de 9 ans. 98 % des agresseurs sexuels sont des hommes, dont 19 % ont moins de 18 ans. 72 % des auteurs de violences sexuelles sur des mineurs sont de la famille de l'enfant… Ces statistiques, établies à partir des faits révélés, font froid dans le dos.
Pour enrayer la spirale de la délinquance sexuelle et surtout délivrer les victimes, le législateur repousse les limites de la prescription. De 10 ans, le délai de prescription en matière criminelle a été porté à 20 ans après la majorité de la victime avec la loi du 9 mars 2004. Concrètement, la victime mineure peut déposer plainte contre son agresseur jusqu'à l'âge de 38 ans.
Les associations de défense des victimes estiment que cette réforme est insuffisante. Elles militent pour l'imprescriptibilité de ce type d'infraction. Le temps ne peut, en effet, suffire à effacer les traces d'un crime qui laisse des séquelles à vie.
« Les victimes n'acquièrent la force de reconnaître l'importance des abus et la force de poursuivre qu'après un long cheminement psychologique et personnel, parfois avec l'aide d'un praticien, ou après un éloignement de leur milieu d'origine, souvent largement après cet âge fatidique », plaide les députés Marc Le Fur et Franck Gilard dans une proposition de loi visant justement l'imprescriptibilité des crimes sexuels commis sur les mineurs.
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