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Vigneux-Hocquet L'aérodrome s'est envolé vers d'autres cieux plus cléments…

Publié le samedi 11 février 2012 à 12H00 - Vu 202 fois


De beaux oiseaux sont partis pour une migration définitive.

De beaux oiseaux sont partis pour une migration définitive.


Pour les usagers de l'axe routier Reims - Bruxelles, entre Vigneux-Hocquet et Montcornet, un élément du paysage s'est volatilisé. Plus de hangar et de manche à air bicolore ! Sur le bord de la route, les « ultralégers motorisés » se sont envolés à jamais. Autrement dit, l'aéroclub de Thiérache, présidé par Guy Loizeaux, c'est fini !
Les anciens se rappellent qu'en juin 1988, on voyait par beau temps, évoluer un grand oiseau, aux longues ailes, au fuselage en treillis d'acier et aux sièges rudimentaires, se jouer de la pesanteur, dans l'azur axonais… pour inviter les plus hardis à « venir faire un tour, avec le pilote », au-dessus des églises fortifiées, du bocage et des forêts. On se souvient que l'un des pilotes, Guy Lange, un habitant de Chaourse, le président de l'époque, en 1991, a emmené, le curé de son village, l'abbé Durieux, pour voir son cher clocher du ciel… tel un ange. Les « ailes thiérachiennes » ont prospéré, tant par le nombre de pilotes avec le passage de brevets, avec des engins plus performants, pouvant couvrir des circuits de plus en plus larges… jusqu'à devenir un atout touristique pour la région, en liaison avec des gîtes ruraux, à Chaourse.
Une guerre d'usure
« Tout cela semblait magique, des réglementations relativement souples, avec une joyeuse bande d'amis, des visiteurs ravis, une plateforme très bien située, un loisir peu onéreux du fait de l'engagement du bénévolat… ». Mais le petit avion a disparu de la 1ère de couverture de la plaquette 2012 du syndicat d'initiatives des Portes de la Thiérache.
Pour expliquer ce fait, il faut chercher une cause : « Si les U.L.M. ne sont pas autorisés à voler la nuit, d'autres monte-en-l'air ont pris, petit à petit, le relais », commente, avec un humour désabusé, un membre actif de l'association, pilote de ligne sur des longs courriers de profession, Jacques Religieux. « Nous disposions d'installations parfaitement adaptées à la pratique de l'U.L.M., pour proposer, entre autres, des baptêmes de l'air, avec une piste d'envol et d'atterrissage engazonnée, longue de 600 mètres et un hangar. Maintenant, l'espace est rendu à l'agriculture. Quiconque qui passait sur la D 966, pouvait s'arrêter, discuter avec les pilotes, demander s'il était possible de faire une balade aérienne afin de vivre une aventure à sensations, à quelque 150 km/h, à 1000 mètres d'altitude au maximum. Un vrai régal ! Maintenant, la page est tournée définitivement. »
Après des temps de la patience, il est arrivé celui de l'insupportable, devant la multiplication de méfaits nocturnes, d'abord des vols d'essence et d'outillage, des dégradations de toutes sortes jusqu'à l'utilisation d'un véhicule-bélier, venu pour faire « exploser » les portes du hangar et provoquer la destruction d'un U.L.M. et de sérieux dommages à un second. « Des objets qui jouaient les filles de l'air, une ou deux fois par an, toujours nuitamment, des malfrats ont joué ensuite, dans un autre registre, avec la vie d'autrui. Les jeux nocturnes, dans cette zone en rase campagne, avaient pris d'autres dimensions, avec des instruments de plus en plus perfectionnés pour ces expéditions. Devant la qualité de ces prestataires de service auxquels nous n'avions pas fait appel, une décision devait être prise : partir ou mourir dans un déluge de flammes, du fait d'une des manœuvres insensées de ces vandales. » C'est pourquoi « n'écoutant que notre courage, nous avons choisi de fuir et les machines se sont envolées vers des cieux plus accueillants, en espérant que nos activités puissent reprendre plus sereinement ». Bien sûr, la maréchaussée a opéré nombre d'interventions sans suites.
Les responsables de l'aéroclub restent toutefois dubitatifs sur les motivations qui ont conduit à ces exactions, l'appât du gain… l'envie ou la jalousie, pour détruire la pratique d'un loisir s'épanouissant en toute liberté, avec des passionnés ne comptant pas leur temps.

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