Publié le mardi 03 janvier 2012 à 08H10 - Vu 373 fois
Quinze bougies pour saluer l'anniversaire de la loi sur l'air et l'utilisation rationnelle de l'énergie. « Nous sommes là pour aiguillonner. »
REIMS (Marne). À l'occasion de l'anniversaire de la loi sur l'air, l'association Vél'oxygène rappelle que son courrier du mois d'août sur les aménagements de voirie est resté sans réponse de la Ville à ce jour.
ON ne peut pas dire que la Ville de Reims soit pressée de répondre à Vél'oxygène. « Notre courrier est parti début août, et à ce jour nous attendons toujours une réponse ! » déclare le président de l'association militante pour l'usage du vélo en ville, Patrice Perret. On était le 30 dé- cembre…
Ce courrier avait pour but de demander à l'équipe de Mme Hazan comment elle allait appliquer la loi sur l'air et l'utilisation rationnelle de l'énergie (loi Laure) et en particulier son article 20 ; celui-ci dit en substance qu'à l'occasion des réalisations ou des rénovations de voirie, des itinéraires cyclables doivent être « mis au point ». Quelques municipalités qui ont cru s'affranchir de cette contrainte ont été poursuivies en justice et ont perdu le procès (voir encadré).
Les pédaleurs urbains rémois, pour leur part, n'entendent pas laisser leur courrier devenir lettre morte. Profitant du 15e anniversaire de la loi en question, ils ont marqué le coup à leur façon pour se rappeler au bon souvenir de la municipalité et remettre un petit coup de pression.
Un million par an
Vendredi dernier, une délégation s'est ainsi rendue à l'hôtel de ville pour y porter un gâteau symbolique garni de quinze bougies, et y proclamer un rappel de leur attente.
C'est l'adjoint Jacques Meyer qui a reçu les plaignants. Il a fait valoir qu'il n'était pas l'élu le mieux placé pour répondre aux demandes des cyclistes, « c'est plutôt Éric Quénard qui pourrait le faire, pour ma part je peux vous dire quand même que la ville consacre un million d'euros par an aux pistes cyclables, ce qui n'est pas rien ; à titre de comparaison, elle dépense aussi trois millions pour l'entretien des écoles. »
« C'est mieux que ce qui se faisait avant », ont d'ailleurs convenu ses interlocuteurs.
Le tribunal est saisi
« Notre but n'est pas de critiquer ou d'attaquer les élus, rappelait de son côté le président Perret, mais d'aiguillonner la ville, lui rappeler que la loi existe et qu'elle doit l'appliquer. » N'empêche que l'association, pour respecter les règles du jeu administratif (une histoire de délai à respecter pour rester recevable) a été contrainte de saisir le tribunal administratif pour faire pression sur la Ville afin qu'elle donne suite au fameux courrier du mois d'août.
Vél'oxygène ne souhaite pas en arriver à une action contentieuse, mais pourra-t-elle y échapper ? Il semble bien que oui : le premier adjoint Éric Quénard nous a en effet affirmé qu'une réponse au courrier vél'oxygéné était en cours d'élaboration. « J'en avais d'ailleurs avisé le président Perret », ajoute-t-il.
M. Quénard en profite aussi pour rappeler, une fois de plus, que l'ambition de la ville est bien de développer les modes de déplacement « doux », dont les vélos font partie. « L'objectif est de parvenir à 90 kilomètres d'itinéraire cyclable en ville à la fin de la mandature, en 2014, alors que nous étions à 55 kilomètres seulement en 2008. » Donc pas besoin de gâteau à seize bougies en décembre prochain ?
Antoine PARDESSUS
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