Publié le jeudi 21 avril 2011 à 08H27 - Vu 617 fois
REIMS (Marne). Toute une série de petites rues permettent désormais aux cyclistes de rouler à contresens des voitures. Et ce n'est pas fini…
«FAIRE rouler les vélos à contresens dans une rue aussi étroite, c'est n'importe quoi ! Les mamans de Saint-Joseph sont scandalisées ! » Cette mère de famille traduit le sentiment de nombre de ses consœurs habituées de la rue de l'Equerre, une des rues rémoises en sens unique (pour les voitures) qui vient d'avoir le privilège d'être dotée d'une voie à contresens pour les vélos. Une modification qui intervient dans le cadre d'un plan plus global de développement de l'usage de ce dernier en ville (voir aussi notre édition du 13 avril), et qui en a surpris plus d'un (lire par ailleurs).
Eh bien Mesdames les mamans, nous sommes au regret de vous dire que la Ville n'entend pas revenir sur sa décision, mais que ce sera au contraire à vous de prendre de nouvelles habitudes de prudence ! « Cela existe à Strasbourg depuis déjà un moment, rappelle l'adjoint chargé du dossier Raymond Joannesse, et dans des rues aussi peu larges qu'ici, et ça ne provoque pas d'accident puisque l'automobiliste et le cycliste se voient. » Et comme la politique de la Ville de Reims en la matière vise à l'apaisement de la circulation (sous-entendu, réduire l'omniprésence de la voiture), ce genre de contresens pour vélos ne va faire que se développer. « Sur un total de 81 rues en zone 30, indique encore l'adjoint, nous en avons à présent 45 aménagées avec contresens cycliste ; les études se poursuivent sur l'aménagement des autres, sachant que si cela apparaît trop dangereux, cela ne se fera pas. »
Culs-de-sac
Si ça râle du côté des voitures, du côté des pédaleurs en revanche, on se réjouit de ces avancées : « Sur le principe, ces contresens pour les vélos sont très bien, estime ainsi Patrice Perret, le président de Vél'oxygène, l'association militante du cyclisme urbain, ça permet pour nous de raccourcir les trajets au lieu de nous imposer de grands détours par les sens uniques. Et puis cette proximité accrue entre les différents usagers de la rue oblige chacun à respecter le plus faible, le cycliste pour les voitures, le piéton pour nous, ce qui contribue à apaiser la ville. »
Bon, M.Perret et ses amis trouvent bien un ou deux petits reproches à faire à la municipalité sur ces nouveaux aménagements : un manque de concertation, et surtout leur discontinuité. « On voit des choses bizarres : on ne sait pas quand commence la piste, ou bien elle se termine en cul-de-sac, comme pour la rue Carnot en venant de la place Royale. » Mais M.Joannesse est formel : selon lui la Ville n'a pas l'intention d'en rester à ces tronçons dispersés, et ambitionne vraiment de réaliser un réseau cohérent et continu. « Nous commençons même aussi à ouvrir les couloirs de bus aux vélos ! » (lire par ailleurs).
C'est peut-être cette volonté cyclophile affichée qui a permis à Reims d'échapper au peu enviable « Clou rouillé* » que Vél'oxygène voulait lui infliger…
Antoine PARDESSUS
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