Publié le mardi 31 janvier 2012 à 12H00 - Vu 56 fois
La coopérative se porte bien : elle compte 103 membres, un chiffre en nette augmentation ces dernières années.
AVIZE (Marne). La coopérative des anciens élèves, soutient le lycée viticole depuis 1952. En approvisionnant le lycée en raisin, elle rend bien des services à l'établissement.
SOIXANTE ans que cela dure, et surtout soixante ans que cela marche. Depuis 1952, la coopérative « Les anciens de la viticulture d'Avize » soutient le lycée viticole en lui revendant du raisin. Le « fruit » de cette tradition est une marque de champagne désormais bien connue dans la région : Sanger.
Juin 1952
« A leur décès, les époux Puisard qui étaient des négociants ont laissé leur domaine pour en faire une école viticole, c'était en 1927 », rappelle le proviseur du lycée et directeur de la coopérative, Stephen Bonnessoeur. Mais négociants, les époux Puisard n'avaient pas de vignes. La théorie c'est bien, la pratique, c'est mieux.
En quête d'indépendance, les élèves et leurs professeurs décident de créer une coopérative en juin 1952. « L'objectif est alors de se faire livrer du vin clair et de le champagniser dans les caves, explique Stephen Bonnessoeur. Il est décidé que le bénéfice de la revente sera entièrement investi dans l'école. » Un modèle unique en France : « Il n'y a que notre lycée qui fonctionne sur ce principe », confirme Stephen Bonnessoeur.
C'est sur ce modèle presque inchangé que fonctionne encore aujourd'hui le lycée viticole. « Il y a aujourd'hui 103 coopérateurs. Un chiffre en nette augmentation ces dernières années. Chaque année, ils s'engagent à livrer du raisin, 4 000 kg, au maximum pour permettre au lycée de travailler. Le raisin nous est vendu au même prix qu'aux maisons de champagne. » 4 000 kg au maximum car « l'objectif n'est pas non plus d'être une très grosse structure, nous ne sommes pas là pour faire de la concurrence sur le marché », note le directeur. C'est même tout l'inverse : « En nous livrant leur raisin, pour la même paperasse que s'ils livraient des tonnes à une grosse maison, les anciens prouvent leur attachement au lycée ».
Grâce à la coopérative, les élèves apprennent donc à fabriquer du champagne, mais pas seulement. « Les sections commerciales ont une marque sur laquelle travailler, pour laquelle ils font des salons, etc. En économie, on travaille sur de vrais chiffres, ceux de la coopérative. »
L'entreprise dans l'école
De l'intérêt d'avoir une entreprise dans l'école… Ce mélange public/privé qui fait parfois grincer des dents mais qui en l'occurrence permet au Conseil régional de faire de sérieuses économies : le bénéfice de la coopérative permet de financer des projets scolaires, du matériel. En échange, le Conseil régional s'approvisionne en champagne Sanger pour ses propres réceptions.
Un modèle qui fonctionne donc, malgré un petit coup de « mou » l'an passé, crise oblige. C'est ce qu'a révélé l'assemblée générale de la semaine dernière. « Une petite perte insignifiante, qu'il ne faudra toutefois pas reproduire », estime le directeur.
L'an passé le manque à gagner fut de 19 000 pour un chiffre d'affaires de 1,6 million d'euro. Marginal. Pas de quoi en tout cas gâcher les fêtes du 60e anniversaire de la coopérative, qui devraient entourer l'inauguration de la toute nouvelle cave vers les mois d'avril et mai. Une cave 350 000 euros, entièrement financée par le lycée. Cette coopérative a décidément du bon…
Fabrice ALVES-TEIXEIRA
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