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« Une offre pléthorique, pas assez de conseil »

Publié le mardi 13 septembre 2011 à 10H03 - Vu 756 fois


« Il faut transgresser les habitudes pour se faire une culture », conseille Geoffray Orban.  archives l'union

« Il faut transgresser les habitudes pour se faire une culture », conseille Geoffray Orban. archives l'union


L'œnologue Geoffrey Orban, ambassadeur français du champagne, consultant au comité interprofessionnel des vins de Bordeaux et pour des enseignes de grande distribution, analyse les forces et les faiblesses du grand rendez-vous de septembre.

Les foires aux vins sont dominées par les bordeaux. Faut-il s'intéresser aux autres appellations présentées ?
« Les meilleures ventes de vins de bordeaux se font au nord de la Loire. Nous sommes donc dans une région d'amateurs. Il n'est pas évident de mettre en avant d'autres appellations, comme le Languedoc par exemple où il y a pourtant de très belles affaires à faire entre trois et huit euros. Les foires aux vins offrent la possibilité aux gens de retirer leurs œillères. »

Que penser des vins d'entrée de gamme vendus en foire aux vins ?
« Tous les vins sont bons, ou au moins corrects, même à trois euros mais les gens ne vont pas ressentir forcément de plaisir de dégustation. La faiblesse des foires aux vins aujourd'hui, c'est que l'offre est pléthorique mais que l'on manque d'un conseil optimisé. Malheureusement les conseillers présents ne connaissent pas tout ce qu'ils ont en rayon. Et ce n'est pas parce qu'une personne va acheter une référence, dont elle a entendu dire du bien, que le vin va être à son goût. »

Les cavistes offrent plus de conseil. Mais sont-ils vraiment plus chers que les hypers ?
« Pas toujours mais parfois oui. Même si le caviste veut jouer le jeu et mettre un prix départ cave, il y aura souvent quelques euros supplémentaires pour le transport. Le prix c'est une question d'adaptation à sa zone de chalandise. Si la clientèle est prête à mettre plus d'argent, le caviste peut faire plus de marge. Mais on va chez un caviste indépendant parce qu'il a construit sa gamme et parce qu'a priori, il l'a dégustée. Il est capable de vous donner des informations précises sur le vin, les techniques de viticulture, la vinification. »

Des enseignes mettent en avant les notes attribuées par des revues spécialisées et des guides. Est-ce objectif ? Ou s'agit-il d'arrangements commerciaux ?
« Avoir l'appréciation d'un guide ou d'une revue, une médaille à un concours, c'est déjà l'assurance, pour le consommateur, d'avoir un vin qui a été apprécié et dégusté par un jury ou une assemblée capable de donner un avis sur un vin. On sait que le vin n'aura pas de défaut et qu'il devrait procurer un plaisir de dégustation. Mais cela ne veut pas dire que le vin d'à côté n'est pas bon. »

Y a-t-il des vins de qualité que l'on ne trouvera jamais en foire faute d'avoir un volume de production minimal ?
C'est toujours le débat entre coop', négoce et vignerons. On peut trouver des jolis vins de négoce en foire aux vins. Il n'y a pas forcement de règle. Après, trouver des vins de terroir, c'est plus problématique pour des raisons de volume de commercialisation en effet.
Mais il y a aussi des vignerons qui prennent des cartes négoce pour faire un peu plus de volume et de business. Ils vont suivre très en amont les vins qu'ils achètent afin de leur donner leur patte. En foire aux vins il y a vraiment de tout.

Quels conseils donneriez-vous à un novice qui veut faire sa sélection lui-même ?
« Il ne faut pas rester dans les étiquettes et les châteaux connus. Il faut transgresser les habitudes, se faire une culture en essayant de goûter des vins même hors catalogue, aller vers des appellations moins connues, des millésimes moins encensés par la critique. Par exemple, on a beaucoup parlé des 2005 et 2009. Il ne faut pas oublier non plus qu'il y a des millésimes plus classiques que vont apprécier certains terroirs pour donner des vins un peu plus fins qui vont se révéler un peu plus dans le temps que les 2009. C'est le problème des primeurs sur des millésimes plus classiques et plus tendus. Ils donnent des vins qui se dégustent mal dans leur jeunesse. Ils sont plus austères. Il ne faut pas oublier qu'il n'y a pas que le solaire, il y a aussi le terroir, ce qui se passe dans le sous-sol. »

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