Publié le jeudi 17 mars 2011 à 10H58 - Vu 237 fois
Le personnel de l'Afpa tenait à exprimer son ras-le-bol.
CHARLEVILLE-MEZIERES (Ardennes). Une partie du personnel de l'Afpa de Montcy-Notre-Dame était en grève mardi pour protester contre les changements d'orientation de l'association.
LE personnel de l'AFPA (association pour la formation professionnelle des adultes) de Montcy-Notre-Dame était en grève mardi, 70 % de participation selon les grévistes, 48 % selon la direction. Ils tenaient à « exprimer leur ras-le-bol : les conditions ne sont plus réunies pour pouvoir accomplir les missions de formation et d'insertion professionnelle ».
Première revendication : la mise en place d'une autorité locale. « Ils ont bouleversé notre fonctionnement avec le plan stratégique national », critique le représentant du personnel Bernard Maillard. « Nous sommes passés d'une organisation transversale, avec un directeur local maîtrisant l'ensemble des services rendus, à une filialisation mal coordonnée : les responsables gèrent chacun une filière mais la dirigent au niveau régional, voire interrégional ou national… »
Conséquence : des « difficultés de communication » pour traiter le dossier d'une personne du début à la fin et pour le faire « transiter dans les différents services ». « Il est faux de dire qu'il n'y a personne au niveau local », répond Jean-Pierre Chazerand, le directeur régional de l'AFPA. « Il y a un manager formation sur le campus en permanence, un directeur d'exploitation et un manager technique sur trois campus, c'est-à-dire à tiers-temps. La gestion locale est assurée. »
Ils pointent un manque de moyens
Deuxième revendication, alors que l'AFPA avait historiquement, à sa création en 1949, le rôle de former les chômeurs pour aider leur entrée-retour sur le marché du travail, elle est aujourd'hui sollicitée par les entreprises pour des formations continues ou des programmes en contrat d'alternance…
« Nous ne sommes pas contre le changement, affirme Bernard Maillard. Mais ce qui est dramatique, c'est que nous n'arrivons plus à nous consacrer à notre mission initiale. Par exemple, nous travaillons avec 70 % de jeunes là où ils étaient 20 % avant, et de formateurs que nous sommes, nous nous retrouvons soudain dans le rôle d'éducateurs. »
Les changements reposent sur le transfert des compétences de l'État au conseil régional, explique le directeur régional. Ce dernier a décidé « d'assurer le financement par des appels d'offres, en choisissant dans le lot les missions les plus intéressantes ».
Mais s'il admet que ce sont aujourd'hui « les financeurs, comme Pôle Emploi, qui font les choix », il assure que le conseil régional « met un point d'honneur à développer les formations pour les publics qui en ont le plus besoin, les plus éloignés de l'emploi. Je pense que nous sommes revenus à la source du métier ».
Enfin dernier point, les employés de l'AFPA pointent un manque de moyens. « Avant quand un ex-plombier arrivait chez nous avec cinq ans d'expérience, il n'était pas formateur mais recevait rapidement une formation à la pédagogie. Aujourd'hui, nous prenons du retard avec les nouveaux arrivants dans l'équipe… », raconte Bernard Maillard.
Les grévistes dénoncent aussi des difficultés matérielles comme les pannes de chauffage ces deux derniers hivers, et veulent « des moyens de reprographie et de communication adaptés à notre activité ».
Ce à quoi Jean-Pierre Chazerand riposte en pointant que « les moyens alloués aujourd'hui à l'AFPA sont identiques au centime près à ce qu'ils étaient avant ». Le mouvement n'a duré qu'une journée, mais le représentant du personnel prévient qu'il prévoit déjà d'autres actions, en coordination cette fois avec les autres antennes du département.
Caroline BOZEC
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