Publié le dimanche 16 décembre 2012 à 12H00 - Vu 110 fois
inhumation. Des sépultures datant du Néolithique (5.200 à 2.800 avant notre ère) viennent d'être découvertes par les archéologues de l'Inrap près de Troyes. Certaines relèvent d'une pratique funéraire très rarement mise au jour en Champagne-Ardenne.
Le parc logistique de l'Aube n'en finit pas de livrer ses secrets. Situé à Buchères, aux portes de Troyes, ce site est en passe d'être reconnu comme un site majeur de l'occupation humaine en Champagne-Ardenne à la période du Néolithique. A l'origine de cette analyse, une série de fouilles mises en place par les archéologues de l'Inrap (Institut national de recherches archéologiques préventives) dans le cadre du développement du parc champardennais.
Des premières découvertes avaient ainsi fait ressortir la présence d'habitats et d'un bûcher funéraire sur les lieux. Une seconde série de fouilles, menées sur un peu plus d'un hectare depuis la fin septembre a mis au jour plusieurs vestiges datant du Néolithique.
Un bâtiment d'habitation et une douzaine de sépultures individuelles avec un monument réalisé en terre ont ainsi été découverts. Ils datent du Néolithique ancien (environ 5.000 avant notre ère). « Les individus, des adultes et un enfant, ont été inhumés et certains sont accompagnés d'objets comme par exemple des colliers en coquillages ou en dents de cochon, des pointes de flèches en silex », soulignent les responsables de la fouille.
Si cette découverte est importante et intéressante pour mieux comprendre l'occupation du site à cette époque, c'est sans conteste la mise au jour d'une importante sépulture du Néolithique récente (3.500 ans avant notre ère) qui est le clou de cette fouille.
Une vingtaine d'individus empilés sur au moins trois niveaux
De forme rectangulaire sur 8,3 mètres de longueur et 3,2 mètres de large, cette fosse contient une vingtaine d'individus, empilés sur au moins trois niveaux. Des traces d'une structure couvrante construite sur poteaux et aux parois probablement réalisés en torchis, ont aussi été mises au jour. Un bâtiment en matériaux périssables couvrait ainsi donc la sépulture.
« Des alignements de pierres retrouvés dans un angle correspondent probablement à l'entrée. Une zone restreinte recouverte de cailloux permettait de circuler à l'époque dans la sépulture. Ces défunts ont été inhumés au fil du temps dans la fosse et appartiennent très probablement à une même communauté. Ils sont placés en position fléchie, la plupart ont encore leurs os en connexion mais certains squelettes sont incomplets. La surface contenant l'ensemble des ossements se limite à deux mètres sur trois, au centre de la fosse. Afin d'optimiser la place et pour des raisons rituelles, il était courant de déplacer les os des squelettes décomposés en les regroupant. Lorsque la fosse était considérée comme suffisamment remplie, une des pratiques consistait à mettre le feu à la structure, ce qui est le cas de cette sépulture collective à Buchères. L'action du feu sur cette sépulture s'est matérialisée au sol par une importante tâche rougeâtre de 20 m2 correspondant aux sédiments brûlés. Le feu qui a détruit le bâti met un terme à l'utilisation de cette sépulture collective. »
L'inhumation des individus dans une même grande fosse, empilés les uns sur les autres au fil du temps, fait partie des pratiques funéraires de l'époque. Il n'en demeure pas moins qu'une telle découverte est assez rare dans la région et fait du site de Buchères un lieu remarquable dans l'histoire de l'occupation humaine à cette période en Champagne-Ardenne.
G. A.-T.
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