Publié le dimanche 04 avril 2010 à 11H54 - Vu 99 fois
Au moment du déballage des œuvres. Les néons d'Ismaël ont échappé à la casse. Bouddha est avec lui.
Les douaniers de l'aéroport de Chengdu ne font pas dans la dentelle. La caisse où Armelle Blary a placé dix projecteurs arrive en morceaux à la livraison des bagages. Servitude des expositions lointaines. Nouvelle maman, l'artiste rémoise n'est pas là pour apprécier le « spectacle ». Mais la délégation, oui. Qui se démène pour expliquer qu'une autre caisse, plus volumineuse, ne recèle pas quelque machine infernale, mais un fauteuil « Pénélope », l'une des cinq œuvres expédiées par la plasticienne en Chine.
L'exposition est le contre-point artistique de la présence d'entreprises champenoises à Chengdu. Trois autres artistes sont associés à l'événement. La photographe franco-chinoise Feng Hatat a apporté les clichés grand format d'une expo consacrée aux Halles rémoises du Boulingrin, la peintre Ghislaine Ferreira une quinzaine d'acryliques aux thématiques urbaines, le plasticien Ismaël Kachtihi del Moral une installation sonore et lumineuse où se déploient, allusions aux funestes pateras de l'exil marocain, des centaines de bateaux en papier. L'avantage est que son « Voyage » tient dans deux valises. Et comme les néons ont miraculeusement échappé à la casse, Bouddha est avec lui…
Sabine Devrière et Feng Hatat ont déniché une galerie magnifique à la Maison des Arts, lovée dans un parc bucolique où les mariées posent voluptueusement sur les rives de la Huanhua. Passé les tracas douaniers, l'expo s'installe en hâte avant le vernissage. Tous les Français de Chengdu sont là. Les consul et vice-consul, Emmanuel Rousseau et Serge Koenig, le directeur de l'Alliance française, Frédéric Vincent, et quelques dizaines d'expatriés ravis de tremper les lèvres dans une coupe de champagne. Un petit air d'Hexagone flotte sur Chengdu. Le buffet est pris d'assaut. Rigolard, le consul de Thaïlande - parfait francophone - pousse le souci d'intégration jusqu'à manger des biscuits Fossier à la baguette ! Avant les discours, quelques convives (chinois) sont déjà passés au cognac…
Un petit air d'Hexagone
Wang Shijie, l'omniprésent coordinateur du séjour, est aux anges. Il s'est beaucoup investi dans l'entreprise et croit dur comme fer à l'imminence d'un « jumelage » entre le Sichuan et la Champagne-Ardenne. À voir leur enthousiasme, Tan Xin, l'équivalent du ministre des Affaires étrangères du Sichuan, et Yan Sashuang, son directeur des affaires culturelles, y croient aussi. Les deux donnent des interviews à la télé locale. Pour dire tout le bien qu'ils pensent d'échanges culturels entre les deux régions. Ils aimeraient que ça aille vite. Trop vite. Car si la grouillante Chengdu s'est construite en à peine trente ans, ils ignorent visiblement que Paris ne s'est pas faite en un jour.
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