Publié le mardi 07 février 2012 à 12H00 - Vu 159 fois
Insalubrité, exiguïté : les bénévoles du Secours populaire, qui aident 869 personnes, aimeraient des locaux corrects pour accueillir les bénéficiaires de façon plus noble.
«ON ne peut pas faire rentrer tout le monde ! Les jours de distributions, trois personnes sur quatre sont dehors, qu'il pleuve, qu'il vente ou qu'il neige. En plus, nous sommes sur de la terre battue. Au fond, nous remisons les meubles et les matelas. Certains sont tout neufs. Mais s'ils n'ont pas trouvé preneurs au bout de trois semaines, on doit les jeter à cause de l'humidité ». Jean-Claude Claudon, trésorier du Secours populaire Yves Ledot, mari de Catherine la responsable et Sandrine Beilvert, membre du bureau ne décolèrent pas : « Voilà vingt -huit ans que nous accueillons le public, alors que nos locaux ne sont pas adaptés. Normalement nous ne devrions même pas stocker de la nourriture ».
Les locaux en question, réservés à la distribution, ou exiguïté rime avec insalubrité, se situent à la cité administrative Tirlet, derrière des portes coulissantes ouvertes aux quatre vents. Ouvertes aussi aux visiteurs, car seulement fermées par des cadenas : « Il n'y a pas longtemps on a été cambriolés. Quand on peut, on essaie de protéger l'accès en collant nos véhicules contre l'entrée ».
Jeudi, le Secours populaire, (une délégation composée de la présidente et de son trésorier), sera reçu par le maire pour exprimer un ras-le-bol : « Ce n'est pas normal que des gens qui sont déjà dans la précarité soient reçus aussi mal. On a l'impression qu'on se moque de nous, de ce que l'on fait ».
Subventions : peau de chagrin
L'association aimerait déménager. Que soient concentrés les bureaux avec les locaux de distribution : « On avait bien des vues sur l'école Vallée Saint-Pierre, mais elle nous a été refusée. Il y avait bien aussi l'ancienne imprimerie Raffin, mais nous ne pouvons pas acheter. On cherche d'autres endroits : pourquoi pas la Foirefouille. On va peut-être se renseigner pour voir à qui elle appartient ».
La structure ne distribue pas gratuitement les produits, vêtements, livres et objets : « Les bénéficiaires achètent. A très faibles coûts, mais ils achètent. Rien n'est donné. C'est très important pour eux : ainsi, ils gardent leur dignité ».
Le Secours populaire aide 289 familles, pour un total de 869 personnes : « Une augmentation de 15 % par rapport à 2010 » souligne Deborah Paradis, la seule salariée.
Il ne bénéficie que de subventions réduites rappelées par Jean-Claude Claudon : « 1 040 euros seulement, 1 000 de la ville de Châlons, 40 de Coolus, c'est tout. Alors que nous nous tendons la main à toutes les personnes des communes de l'arrondissement ».
Brocante et thés dansants
Heureusement qu'il y a un peu d'aide structurelle de la CEE. Heureusement que localement, la grande surface Carrefour offre une aide conséquente : « Sans eux, on se demande comment on pourrait y arriver ».
Heureusement, liste encore la petite équipe, que d'autres assurent ponctuellement : « La Poste nous a donné des bureaux, le lycée agricole de Somme-Vesle une photocopieuse, le Creahi des tables ».
Pour stocker une partie de son matériel en toute sécurité et en toute salubrité, le secours loue des locaux dans la zone industrielle de Saint-Martin-sur-le-Pré : « Nous avons deux box de 100 mètres carrés. Ca nous revient à 8 000 euros par ans, avec les impôts locaux. Tout est bouffé avec ça ! Si nous avions des locaux fonctionnels et dignes, il n'y aurait pas de problème, nous n'aurions pas besoin de cette dépense. Là, pour continuer à vivre, il faut qu'on se débrouille à organiser d'autres choses, des brocantes ou des thés dansants.
Des thés dansants hélas taxés. Et quand Jean-Caude voit arriver une lettre de la Sacem rappelant que pour le dernier en date, il lui fallait s'acquitter d'une somme de 186 euros, le trésorier qu'il est n'a pu s'empêcher d'ironiser et de glisser un petit mot avec son chèque : « En espérant que Dieu dans son extrême bonté fasse à nos auteurs disparus un repas amélioré ».
Cela ne sert pas à grand-chose, mais ça fait tellement de bien !
Fabrice MINUEL
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