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Un tourisme « populaire »

Publié le mercredi 17 octobre 2012 à 10H52 - Vu 45 fois



Courquain n'est pas Bergues ! C'était l'argument avancé par les détracteurs du projet d'aménagement de l'ancienne douane sur les lieux même du tournage de « Rien à déclarer ». Alors certes, Hirson-Macquenoise n'a pas les charmes et les jolies façades typiques des Flandres de la petite ville du Nord. Ici point de beffroi classé au patrimoine mondial de l'Humanité, pas plus que de remparts et de fortifications érigés, pour les premiers, au IXe siècle. Non, rien de tout cela. Et pourtant, 35 000 visiteurs se sont déjà arrêtés au poste frontière. Parmi eux, plus de 2 700 ont fait la visite guidée sur les lieux du tournage.
Alors ? Qu'est ce qui fait le succès de ce coin de frontière perdu en lisière d'une forêt dont on ne voit pas le bout quand on la traverse ? Qu'est-ce qui attire tant les visiteurs sur ce no man's land où, jusqu'alors, seuls les frontaliers amateurs de chocolat et fumeurs invétérés s'arrêtaient le temps de leurs emplettes ? C'est « un tourisme populaire », avance Cyrille Briatte, le directeur adjoint d'Intégrale. Populaire dans le meilleur sens du terme : celui qui permet de s'évader le temps d'une visite, de faire le plein de bonne humeur, et de se croire, un instant, l'un des acteurs du film aux côtés de Dany Boon ou de Benoît Poelvoorde.
Un tourisme populaire qui ne coûte rien, ou si peu. Et en ces temps de crise, l'argument économique pèse lourd. Celui qui veut, en famille ou entre amis, venir découvrir le site peut le faire sans bourse délier.
Un tourisme populaire qui rassemble des gens très différents : il y a bien sûr les fans du film ou de Dany Boon mais aussi les simples curieux mais aussi les gens de passage ou ceux qui ont de la famille dans le secteur.
Un tourisme populaire enfin qui redonne de la fierté à ce territoire et à ces habitants. « Le film a été tourné à quelques kilomètres de chez moi », se plaisent à raconter les Thiérachiens déjà soucieux de préciser à propos de « Bienvenue chez les Ch'tis » que, « le vrai pays du maroilles, c'est ici ! »
Alors non, en effet, Courquain n'est pas Bergues et ne le sera jamais. Courquain restera Courquain, un lieu qui procure plaisir à ceux qui s'y arrêtent et fierté à ceux qui le font découvrir.
E.E.

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