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Un étudiant de l'Urca aux États-Unis A la recherche des secrets de Titan

Publié le mercredi 09 juin 2010 à 11H00 - Vu 394 fois


L'atmosphère de Titan présente des similitudes avec celle de notre Terre.

L'atmosphère de Titan présente des similitudes avec celle de notre Terre.


Le plus gros satellite de Saturne présente des caractéristiques intéressantes pour les Terriens.
Mathieu Perreux, 23 ans, étudiant de l'Urca (Université de Reims Champagne-Ardenne), vient de rentrer des Etats-Unis. Il a travaillé au LPL, Lunar and Planetary Laboratory (laboratoire lunaire et planétaire), à l'Université d'Arizona, dans la ville de Tucson. Il répond à nos questions.
Quel était l'objet de vos recherches ?
« Mon travail est un sujet de planétologie concernant Titan, le plus gros satellite de Saturne, suffisamment massif pour avoir retenu une atmosphère.
Celle-ci est composée majoritairement de diazote et de méthane. Et c'est ce dernier qui nous intéresse. »
Expliquez-nous…
« Du fait de son éloignement au Soleil (environ 10 fois plus éloigné du Soleil que la Terre, soit 1,4 milliard de km), Titan reçoit beaucoup moins d'énergie que la Terre. La température de surface est donc faible, environ -180 °C. Du fait des conditions de pression et de température, le méthane existe sous la forme liquide (lacs en surface), solide (roche, et possibles grêlons) et gazeuse (dans l'atmosphère). La sonde Cassini est actuellement en orbite autour du système saturnien, et effectue des vols rapprochés de Titan tous les mois. Elle a observé, comme prévu, la présence de lacs de méthane, mais uniquement à haute latitude, à proximité des pôles. »
Semblable à la Terre
Mais alors vous, quel était votre rôle ?
« Mon travail pendant ce stage consistait à tenter d'expliquer la répartition actuelle des lacs sur le globe en étudiant la circulation du méthane dans l'atmosphère de Titan. J'étais encadré par Pascal Rannou (GSMA*, Reims) et Caitlin Griffith (LPL, Tucson). »
Quel est l'intérêt d'une telle étude ?
« Le principal intérêt de l'étude vient de ce que Titan est le seul objet du système solaire, hormis la Terre, à posséder une atmosphère complexe, semblable à la Terre. Titan est d'ailleurs souvent considéré comme une version dérangée de la Terre. L'atmosphère dense de Titan est composée majoritairement de diazote, comme la Terre. De plus, le méthane sur Titan joue le même rôle que l'eau sur Terre. On cherche donc à comprendre le climat de cette planète, et son évolution, mais cela ne peut permettre de découvrir des caractéristiques de l'atmosphère terrestre, seulement d'avoir un point de comparaison. »
Qu'est-ce qui vous a le plus marqué aux Etats-Unis ?
« La première chose qui choque est la différence de climat. Malgré les hautes températures (il est difficile de descendre en dessous de 30 °C au mois de mai), et le fait que Tucson soit située en plein désert, la ville est très « verte ». »
Comment se présente l'université locale ?
« L'Université d'Arizona est semblable à une petite ville, avec ses logements, ses restaurants, sa bibliothèque, son stade, etc. C'est vraiment un endroit très agréable pour travailler. Et on prend plaisir à s'asseoir dans un coin pour la regarder. »
Vélo indispensable
Les contacts sur place, et le rythme de travail n'ont pas posé trop de difficultés ?
« Je n'ai pas été dépaysé par le rythme de travail, similaire à celui auquel j'ai été habitué au GSMA. Tous les chercheurs que j'ai rencontrés ont été très chaleureux, toujours enclins à aider. »
Et dans la vie quotidienne ?
« Je crois qu'il est nécessaire de posséder un vélo à Tucson, spécialement si l'on est étudiant. La ville est grande, et les logements sont souvent situés à plus d'un quart d'heure de marche (3/4 d'heure pour ma part). Le vélo est donc le meilleur moyen pour visiter et se déplacer. Le seul problème par rapport à ça se nomme cactus. C'est la plante commune, donc toujours avoir de quoi réparer le vélo sur soi ! »
Est-ce qu'on parle un peu français là-bas ?
« Il existe une communauté de Français à Tucson, mais je n'ai pas pris contact avec eux. Quelques Américains ont des notions de français, mais ça en reste là. L'intérêt d'y aller était non seulement de travailler sur mon sujet de stage, mais aussi de me perfectionner en anglais. »

Recueilli par Antoine PARDESSUS
*GSMA : groupe de spectrométrie moléculaire et atmosphérique.

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