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Un chantage éhonté auprès des chefs d'entreprise

Publié le mercredi 16 septembre 2009 à 01H00 - Vu 3 fois



 Finement conseillé en communication, le président du conseil général des Ardennes a donc décidé de se payer une danseuse, Les Ardennes en marche ne lui suffisant plus. Ce luxueux magazine d’une cinquantaine de pages coûte pourtant déjà aux Ardennais la bagatelle de 0,33 euro l’exemplaire par habitant. Et comme il est tiré à 130.000 exemplaires plusieurs fois par an, ça commence à chiffrer…

Des grincheux avanceront que cet argent pourrait être utile ailleurs, dans le social par exemple, mais qu’importe à M. Huré : rien n’est trop beau pour vanter ses mérites. Bien sûr, dans cette débauche de papier glacé, aucun risque de trouver une information qui pourrait fâcher qui que ce soit. Au royaume de Benoît Ier, tout est lisse…

Ou presque. Car depuis des années, L’Ardennais résiste - d’habitude et de tempérament - à la communication émolliente d’Huré et consorts, qui ne rêvent que d’une chose : faire plier les journalistes et dicter au journal sa ligne éditoriale. Pour cela, tous les moyens ont été bons. Mais ni les menaces, ni les cabales menées par élus et notables, ni la suppression des annonces légales n’auront été d’aucun effet.

En début d’année, de guerre lasse, le président du Département a donc décidé de s’offrir son journal. De s’offrir avec l’argent des autres s’entend, ce qui est encore plus jouissif. C’est ainsi qu’Huré a demandé au groupe Sogemedia de lui concocter un projet d’hebdomadaire dans les Ardennes, en lui garantissant un soutien financier appréciable par l’achat à l’avance de milliers d’exemplaires, d’espaces publicitaires et d’annonces légales.

Mieux : le conseil général est allé jusqu’à promettre à Sogemedia qu’il allait peser de tout son poids pour que les chefs d’entreprises locaux s’impliquent dans ce projet, jusqu’à garantir l’essentiel des pertes de l’éditeur, affichées à quelque 600 000 euros sur les trois premières années. Une paille…

Avec le soutien d’une partie du Medef, Jacques de Saint-Gilles en tête, Huré et consorts sont donc allés taper aux portes de plusieurs sociétés ardennaises en les incitant vivement à déposer leur obole dans la corbeille du nouveau-né.

Pour certains, dont l’activité dépend en partie des bonnes relations qu’elles entretiennent avec les collectivités locales, il était difficile de résister à cette amicale pression. Ils l’ont pourtant fait, bien leur en a pris. D’autres ont accepté, comme Géraud Spire, avant de se rétracter courageusement en constatant que l’affaire prenait de l’ampleur et débordait des Ardennes. Les derniers, comme Pascal Urano, ont craché au bassinet, obéissant ainsi, bon gré mal gré, à ce qu’on ne peut qu’appeler un chantage éhonté.


 


Guilhem BEAUQUIER


 

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Les dernières contributions


pascale urany

16/09/2009 à 22h48

L'union a peur !!! Mais il faut savoir que les Ardennais regrettent depuis des années L'ARDENNAIS!!!

FabMat

16/09/2009 à 15h06

Des noms, des noms... Le conseil général étant partie prenante dans bon nombre de décisions prisent au tribunal de commerce, ne pourrait-on pas s'interroger sur quelques hasardeuses décisions prisent par ce dernier? Il est de coutume dans les Ardennes de favoriser des dossiers de reprise d'entreprise ou le nombre de salariés repris n'est pas une priorité... Pire encore: après un dégraissage en règle d'une société, on offre la possibilité de reprendre une entreprise à cette dernière sans se soucier du nombre de familles qui restent sur le "carreau". A suivre...

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