Publié le mardi 31 janvier 2012 à 12H00 - Vu 220 fois
Pascale Maluga n'est en rien responsable de la situation qui la touche et regrette la lenteur de l'appareil judiciaire.
À la suite de la dissimulation d'une faillite de la part de son mari, une femme se retrouve sans maison mais aussi sans l'argent de la vente qui, pourtant, lui revient.
ANCIENNE Laonnoise, désormais habitant Athies-sous-Laon, Pascale Maluga a connu une vie sentimentale semblable à celle de millions d'autres Français, puisqu'elle s'est d'abord mariée, avant de divorcer.
Ce qui n'est pas similaire à ce que peuvent vivre la majorité des couples concernés par le divorce, ce sont les raisons de celui-ci et les conséquences qu'elle doit subir depuis qu'il a été prononcé en 2007.
Avec son ex-mari, Pascale Maluga avait investi dans l'immobilier. Dans un salon de coiffure, plus précisément, en achetant un local ainsi que tout le matériel adéquat pour l'exercice de la profession. Elle étant comptable et son mari pas plus concerné par la coiffure, ils avaient ensuite loué ce local, « prêt à l'usage, situé en ville haute », afin d'obtenir un complément de revenu.
Solidaire des dettes
La vie suivant son cours, Pascale Maluga et son mari se séparent en 2004. Lui quitte la maison familiale, elle continue d'y résider tout en finissant de payer, seule, les traites de l'emprunt. Par le plus grand des hasards, c'est lorsque la maison est payée dans sa totalité que Pascale Maluga découvre, après « n'avoir eu aucune nouvelle du salon de coiffure pendant trois ans », que celui-ci a mené le couple, séparé mais solidaire puisque marié, « dans un état de faillite ». Lorsqu'elle découvre « toutes les lettres de rappels d'impayés cachées par [son] mari », elle réclame le divorce ainsi qu'une « rétroactivité sur la procédure pour que la totalité des dettes ne me soient pas imputées injustement ».
Le tribunal lui donnera raison mais une partie du mal est fait. La maison ayant été achetée en couple, elle est saisie pour rembourser les dettes dont elle reste solidaire « pour une petite partie ». Bien que complètement remboursée, c'est « sans combattre, puisque la justice le demandait » que Pascale Maluga quitte sa maison après avoir refusé de racheter des dettes dont elle ne se sent pas responsable, ainsi que les parts de son désormais ex-mari pour 85 000 euros.
« Pour qui travaille l'argent ? »
Cette maison est alors vendue aux enchères par l'intermédiaire d'un mandataire judiciaire. La vente, conclue au mois de mars de l'année dernière, aurait alors dû lui rapporter « 50 000 euros, auxquels il fallait tout de même retirer 21 000 euros de frais divers qui concernent la procédure ainsi que la commission du mandataire ».
Pourtant, dix mois après la vente, cet argent n'est toujours pas arrivé sur les comptes de Pascale Maluga. Calmement, elle explique qu'elle « réussit à s'en sortir » puisqu'elle « travaille de manière stable » mais est contrainte, « du fait du loyer qui n'existait plus depuis que la maison était payée, de faire des choix comme celui de priver [sa] fille de vacances ». Il est aisé d'imaginer qu'avec 29 000 € supplémentaires, la question ne se serait pas posée. Aujourd'hui, sans colère, elle affirme « avoir été trop naïve » lorsqu'elle a « quitté [sa] maison sans se battre » et se demande où est l'argent et pour qui il travaille depuis tout ce temps. Joint par nos soins, le cabinet du mandataire, situé à Saint-Quentin, affirme « comprendre le désarroi de la personne concernée » mais également « toujours attendre la mainlevée d'un cabinet laonnois pour pouvoir procéder au versement de la somme ». De son côté, le cabinet concerné affirme « ne pas comprendre la demande ni n'avoir connaissance de l'existence d'un tel dossier ». Pas certain, donc, que Pascale Maluga voit rapidement ce qui lui est dû (maigre compensation au vu du préjudice subi) fournir rapidement son compte en banque.
Vianney PANNET
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