Travaux d'élargissement de la porte de garde En mode XXL !

Travaux d'élargissement de la porte de garde En mode XXL !

Publié le mercredi 16 novembre 2011 à 12H00 - Vu 192 fois

D'ici quelques mois, le nouvel ouvrage permettra aux péniches de grand gabarit (pouvant transporter jusqu'à 1 350 tonnes de marchandises) d'accéder directement à la carrière de Pierres bleues. La première tranche de travaux doit théoriquement s'achever aujourd'hui.

ET dire que ce chantier, bon nombre de Givetois ne l'auront même pas remarqué ! Coincé là-bas, entre le port et les tréfonds du chemin de halage qui longe la rive gauche de la Meuse. A quelques encablures, seulement, du barrage des Quatre cheminées.
Depuis le début du mois d'octobre, la mutation y est pourtant saisissante. Voire carrément impressionnante quand on accède aux travaux à la tombée de la nuit, lorsque les ouvriers s'affairent à la tâche, éclairés par de puissants projecteurs.
C'est qu'à vrai dire, il n'y a maintenant plus une seconde à perdre. Car c'est en effet aujourd'hui que doit s'achever la première tranche du chantier VNF (Voies navigables de France), destiné à élargir l'unique porte de garde de la ville.
Le rôle d'une telle structure. L'ouvrage a d'abord vocation à protéger la commune et le port des caprices de la Meuse. « Mais il permet également aux bateaux de disposer d'une zone refuge, où ils peuvent stationner en toute sécurité en cas de glace ou de crue », indique Frédéric Rogissart, le responsable adjoint du pôle d'exploitation Givet-Charleville de VNF.
L'objet du chantier. Exit l'ancienne porte de garde, qui ne datait pas de Mathusalem, mais presque : à savoir de 1875, et la canalisation de la Meuse.
Large d'un peu moins de huit mètres, elle ne permettait jusqu'à présent qu'aux péniches de type « Freycinet » (250 à 400 t de cargaison) d'accéder vers l'amont du fleuve, en direction de Verdun et Reims.
Mais d'ici quelques mois, la donne va être complètement redistribuée. Une fois que la nouvelle porte - large de 18 mètres - sera opérationnelle, les bateaux « hôtels » belges pourront en effet accoster en centre-ville et les péniches de grand gabarit (capables de transporter jusqu'à 1 350 tonnes de marchandises) directement aux Trois-Fontaines*.
3 000 camions en moins
Les bateliers pourront alors y charger du « vrac » (engrais, charbon…) et les granulats de la carrière de Pierres bleues, libérant ainsi de l'espace sur le port, tout en réduisant sensiblement le trafic des camions autour de la Soie (on parle de 3 000 véhicules en moins chaque année**). Ce qui ne manquera évidemment pas de soulager les riverains, à qui la valse incessante des poids lourds commençait à donner des boutons…
Le calendrier des travaux. Guidés par le chômage de la Meuse, ils ont été prévus en deux tranches. Entamée le 3 octobre, la première doit se terminer aujourd'hui. La seconde, quant à elle, commencera le 10 mars pour s'achever le 27 avril 2012.
Le chantier en lui-même. Plus d'une vingtaine d'ouvriers sont actuellement sur le pont. Ils ont déjà réalisé le radier (base sur laquelle va reposer l'ouvrage) et les deux culées (les massifs en béton qui, à terme, supporteront les portes de garde).
Ces dernières seront maintenant posées en avril lors de la seconde tranche de travaux, durant laquelle le chenal sera réaménagé et l'ancien édifice démoli.
Parlons chiffres. Cette opération, dont le coût avoisine les 4 millions d'euros, va être financée par l'État (à hauteur de 500 000 euros), VNF (1 million), la Région (1,5 million), le Département (800 000 euros), ainsi que la communauté de communes (200 000 euros).***
Le trafic interrompu… sauf dans le port. Environ 2 000 bateaux transitent chaque année par la porte de garde givetoise. « Il s'agit essentiellement de plaisanciers, que l'on croise surtout entre avril et septembre », détaille Frédéric Rogissart.
Résultat : l'interruption de la navigation durant près de deux mois n'a quasiment eu aucune incidence sur le trafic.
Et pas plus sur l'activité du port, d'ailleurs, grâce à un astucieux système de pompage, invisible du grand public.
De l'eau a ainsi été puisée dans la Meuse 24 heures sur 24, puis déversée dans le canal, afin d'éviter que celui-ci ne se retrouve à sec. « L'écluse des Quatre cheminées a du coup pu continuer à fonctionner, alors qu'il faut bien savoir qu'à chaque passage d'un bateau, ce sont quand même 3 600 m3 qui filent vers la Belgique » précise Frédéric Rogissart. Ce qui grosso modo entraîne systématiquement une baisse du niveau de l'eau d'environ cinq centimètres dans le canal ! D'où l'utilité des pompes…
Aurélien AVIGLIANO

L'union l'Ardennais