Toilettes sèches Une idée qui coule de source

Toilettes sèches Une idée qui coule de source

Publié le mardi 25 octobre 2011 à 11H00 - Vu 372 fois

L'association revinoise Leda conçoit des prototypes de toilettes sèches. Ces WC du XXIe siècle ne manquent pas de débouchés.

SOUVENEZ-VOUS : après l'annonce de la fermeture de Porcher, plusieurs élus avaient souhaité voir se développer de nouvelles activités industrielles à Revin, notamment dans le secteur de l'environnement. C'est ce que propose aujourd'hui l'association Leda (« L'environnement d'abord ») avec, toujours dans le domaine des sanitaires, des WC 100 % bio, 100 % bois.
Créée en 1993 par André Royaux, actuel président, Leda emploie, via son chantier d'insertion, 21 salariés dont 15 bénéficiaires du RSA. L'essentiel du travail s'articule autour de la protection de l'environnement et de la rénovation du patrimoine local, qu'il soit naturel ou bâti. C'est le cas par exemple avec l'entretien des berges de Meuse.
160 litres d'eau par jour par foyer…
À la demande du désormais célèbre Cabaret vert, l'association vient de mettre au point, après un an d'étude, huit prototypes de toilettes sèches. « Le festival nous a sollicités en 2009, explique Olga Victor, directrice de Leda. Ce partenariat s'est concrétisé en 2011, avec la mise à disposition de trois cabines. Elles ont obtenu un franc succès. »
Placées à un endroit stratégique (près de l'accueil), elles ont vu passer près de 50.000 festivaliers en trois jours, ce qui a permis de « sensibiliser un très grand nombre de personnes ».
Il y a en effet beaucoup à dire à propos des toilettes sèches. D'abord, comme leur nom l'indique, elles ne consomment pas d'eau : vous tirez la chasse… avec de la sciure. C'est donc plus propre, plus écolo (ni eau, ni produits chimiques), mais aussi moins cher. Selon une étude de Chloé Dufay, chargée du projet pour Leda, un foyer revinois de quatre personnes consomme en effet chaque jour 160 litres d'eau, soit 58.000 par an, ce qui lui coûte 226 euros. Ce qui protège l'environnement préserve aussi le porte-monnaie…
« Moins odorant »
Autre avantage : toute la matière première (qui, elle, ne change pas) est compostée : elle est récupérée lors de la « vidange manuelle » et servira à faire pousser des poireaux ou ce que vous voulez.
Une fois les prototypes réalisés (*) et les premiers tests jugés concluants, reste le plus dur : passer à une production qu'Olga Victor qualifie d'« industrielle » et trouver des clients.
Sur le papier (toilette), les pistes ne manquent pas, à commencer par les communes : soit à titre exceptionnel (Charleville a installé une cabine lors de sa Nuit blanche, tout comme Revin pour un spectacle en juillet), soit sur le long terme (c'est le cas d'Anchamps). Citons aussi les entreprises à l'occasion de chantiers. « Les toilettes sèches ont un immense avantage sur les toilettes chimiques : elles sont bien moins odorantes », constate Olga Victor.
Autre débouché possible : la Voie verte. « On pourrait mettre des toilettes sèches à la disposition des touristes ou des agents des VNF. »
Les tarifs ont déjà été fixés. Selon la durée de location, le prix mensuel varie de 80 à 160 euros. À défaut d'eau, avec ce projet écolo, c'est bien l'argent qui pourrait couler à flot…
Guillaume LÉVY
* Une étude est engagée pour des toilettes sèches type urinoir, et d'autres adaptées aux personnes à mobilité réduite.

L'union l'Ardennais