Publié le vendredi 10 février 2012 à 12H00 - Vu 6 fois
Maurice Jonot se souvient de son père Bernard : « Né le 12 décembre 1912, mon père est mobilisé en 1932. A partir de 1935, il va être souvent rappelé pour des périodes : affaire de la Sarre en 1935, coulage de béton sur la ligne Maginot (On y coulait du béton jour et nuit). »
Affecté comme brigadier pointeur sur canon de 75, ce n'est qu'en mai 1940 qu'il participe à la Campagne de France. Ils sont coincés à un million d'hommes entre Meuse et Vosges. « Après de vifs combats mon père est capturé à Labeuville près de Longuyon. Embarqués dans des wagons à bestiaux, tous se retrouvent prisonniers en Allemagne dans différents Stalags. Bernard sauve la vie d'un grand ami de la famille Jonot, Paul Martin, en lui portant à manger dans son Stalag où il mourait de faim. Après quelques séjours dans des fermes, mon père arrive chez de braves gens, la famille Jager à Breitenberg aujourd'hui commune d'Hohenstein 1. Je m'y suis rendu le 1er mai 1993. Auparavant, ma sœur Denise et son mari, en compagnie de Bernard et Lucienne, nos parents, s'y étaient déjà rendus vers 1982. Siegride, la fille de la maison, a tout de suite reconnu mon père et l'émotion a été partagée. »
Bernard Jonot a été libéré vraisemblablement par les Américains. Il est arrivé à Reims le jeudi 5 avril 1945. Bien qu'étant père de famille nombreuse, Bernard ne sera démobilisé qu'en 1956. « Chaque année, le jour du 11 novembre, fidèle à sa tradition, il ne manquait jamais d'acheter un bleuet qu'il épinglait sur sa veste. Très et peut-être trop discret, il n'a jamais porté la Croix de Guerre 39-45. »
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