Publié le mardi 14 février 2012 à 10H29 - Vu 32 fois
Difficile de recueillir des témoignages dans la presse. Voire impossible quand il s'agit de faire parler des patrons à visage découvert. « Ils ont peur des retours de bâton de leur banque » témoigne leur entourage.
Exception à la règle, Didier Barboza, boucher-charcutier dans les Ardennes, raconte comment deux banques au moins, lui ont refusé de financer la reprise d'une boucherie à Bogny-sur-Meuse. « Il n'y en a plus à Bogny, j'avais besoin de 50 000 euros pour la rééquiper. J'étais prêt à mettre ma maison de 150 000 euros en garantie. On m'a répondu que je ne pouvais pas emprunter, à titre personnel, pour ma société ».
Cet artisan a mis en balance les neuf emplois qu'il conserve et la nécessité de se développer. « J'ai finalement vendu un bien personnel pour 25 000 €, il en reste autant à trouver d'ici 15 jours ».
Associé minoritaire d'une PME de Saint-Quentin, ce gérant salarié raconte : « Une banque était d'accord pour financer une machine de 31 000 euros sur 84 mois, au taux de 3,62 %. Mais elle demandait une caution de 100 %, de moi-même, et de mon épouse qui n'est que salariée non décisionnaire. Sinon, la banque réclamait une garantie de 10 % du montant en cas de caution d'Oséo. Soit 3 000 euros. La banque est revenue en nous proposant une formule en leasing, avec la caution d'Oséo ». Depuis, ce dirigeant a fait jouer la concurrence qui lui propose un prêt sans cautionnement.
Olivier Lemont, PDG du cabinet Lingat architectes à Reims, évoque le financement des études en amont : « Nos clients n'obtiennent pas de prêts sur la totalité de nos frais d'études de faisabilité. La banque accepte de les financer quand le terrain est acheté, afin de pouvoir poser une hypothèque ». Il y voit un côté pénalisant pour les professionnels qui peuvent subir un défaut de paiement, et des clients parfois obligés de recourir à leurs propres deniers, alors que l'opération est viable.
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