Publié le jeudi 12 janvier 2012 à 12H00 - Vu 27 fois
Mme Macquart et M. Jolivart, lorsqu'ils dénonçaient, fin novembre, le courrier envoyé aux électeurs, celui-ci pouvant laisser croire qu'il n'y avait pas d'autres candidats que les noms mentionnés.
Le recours déposé par une candidate défaite à l'élection complémentaire n'a pas encore trouvé d'épilogue. Mais l'audience de mardi a permis aux deux camps de renouer le dialogue.
LE tribunal administratif de Châlons-en-Champagne a écouté, mardi matin, les deux parties. Et a décidé de prendre le temps de la réflexion pour rendre son jugement, désormais annoncé pour le jeudi 26 janvier. L'affaire en question n'a rien d'extravagant, tout juste peut-elle illustrer la difficulté d'organiser une élection dans un village comme Alland'Huy-et-Sausseuil, 237 habitants dont 181 électeurs.
Le 20 novembre dernier, c'est jour d'élection complémentaire. Le maire a démissionné « pour raisons personnelles » le mois précédent et, afin d'élire son successeur, le conseil municipal, qui ne compte plus que huit membres sur les onze prévus, doit procéder à une élection - le code électoral stipule qu'un conseil municipal doit être au complet pour élire un maire. L'équipe en place prévient par courrier les villageois de l'échéance et glisse dans l'enveloppe trois noms - Elie Manceaux, Géraldine Leblanc et Virginie Dubois - sur des bulletins de vote. De quoi laisser penser aux habitants que ce trio est le seul en lice ? Oui, affirment d'une seule voix Galina Macquart, Tiphaine Totot et Bernard Jolivart, défaits lors de l'élection et qui dénoncent dans la foulée un « sponsoring manifeste » de l'équipe en place (notre édition du 29 novembre). Motivés, ces trois-là décident de déposer, le soir même de l'élection, un recours contre les résultats.
Bonne foi
Maire par intérim, Jean-Louis Pierlot, alors chargé par le sous-préfet d'assurer le bon déroulement des élections complémentaires, choisit de se justifier dans un courrier auprès du tribunal de Châlons-en-Champagne.
Plaidant la bonne foi, il explique à propos des bulletins glissés dans les enveloppes : « Le conseil municipal ayant préalablement préparé une note d'explication sur les opérations électorales à venir, il m'est apparu alors naturellement logique de la joindre à la liste des trois candidats ». Et d'ajouter, quelques lignes plus loin : « Je ne pouvais pas un instant favoriser par cette distribution conjointe (bulletins et note d'information, NDLR) ces candidats puisqu'ils étaient seuls ». En réponse à ces arguments, Mme Macquart a d'abord dénoncé à la barre une « utilisation de l'argent public à des fins personnelles » ainsi que « l'absence d'appel aux candidatures ».
Au téléphone, Mme Macquart admet ne pas croire à une « volonté délibérément malhonnête » de l'équipe en place mais bien à un « regrettable manque de rigueur ». Si elle se dit « raisonnablement optimiste » en attendant la décision du 26 janvier, celle qui fut candidate communiste aux cantonales de 2008 admet avoir senti que « lorsque le ministère public a parlé, ça sentait un peu le roussi pour invalider l'élection ». Surtout, les deux parties se sont longuement entretenues à l'issue de l'audience, en profitant pour dépasser d'éventuelles rancœurs. « C'est déjà bien, non ?, plaisantait Galina Macquart. Nous, ce qu'on veut depuis le début, c'est pouvoir apporter notre petite pierre à l'édifice d'Alland'Huy-et-Sausseuil ».
Mathieu LIVOREIL
Glissez cette image dans la barre des tâches pour épingler le site








Réagissez